Le président du Conseil présidentiel de transition (CPT), Fritz Alphonse Jean, a vivement contesté une déclaration du Département d’État américain publiée le 2 août sur le réseau X. Dans cette note, Washington évoque des tentatives de corruption visant à déstabiliser la transition haïtienne, tout en félicitant les membres du Conseil qui auraient refusé de céder à ces pressions. Toutefois, aucune information précise n’a été fournie sur la nature des faits reprochés ni sur l’identité des personnes impliquées.
Face à ces accusations, Fritz Jean a qualifié le message américain d’« irrespectueux » et d’« affront » porté au Conseil et au pays. Il a démenti fermement les allégations circulant autour d’un supposé pot-de-vin de trois millions de dollars destiné à favoriser un accord politique pour remplacer le Premier ministre Alix Didier Fils Aimé. Le président du CPT affirme qu’aucune procédure formelle, comme un vote, n’a été organisée à ce sujet.
La transition haïtienne traverse une période de fortes tensions internes. Le Conseil présidentiel, composé de sept membres votants, est divisé en deux grands blocs. Le groupe le plus influent regroupe trois conseillers proches du secteur privé, accusés par certains observateurs de manœuvres visant à modifier la configuration politique, notamment en soutenant la succession à la présidence du Conseil de Laurent Saint-Cyr, prévue dans une semaine.
Du côté du cabinet du Premier ministre, la note américaine est perçue comme un signe de soutien à Alix Didier Fils Aimé. Des sources évoquent aussi la possibilité de troubles dans les prochains jours, à l’approche de la passation de pouvoir au sein du Conseil présidentiel, alimentée par la méfiance grandissante entre les factions en présence.
Depuis 2021, les États-Unis ont déjà joué un rôle dans la désignation des dirigeants haïtiens, comme lors du soutien à Ariel Henry face à Claude Joseph. Cette nouvelle intervention diplomatique est perçue par certains comme une répétition de cette politique d’ingérence, accentuant les divisions politiques et fragilisant davantage la transition.
Dans ce contexte marqué par un profond déficit de légitimité populaire et un climat politique tendu, l’attitude américaine est critiquée pour son incapacité à apaiser les tensions. Plutôt que d’apporter une solution durable, ces interventions semblent masquer les vraies plaies du pays, laissant les problèmes non résolus et la crise s’enliser.
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