Dans un climat national toujours empreint d’incertitude, le gouvernement haïtien multiplie les déclarations de fermeté face à l’insécurité. En clôturant la quatrième conférence de la Table Sectorielle sur la Sécurité, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a renouvelé l’engagement de l’État à restaurer l’ordre et à soutenir les forces de sécurité. Mais au-delà des discours, les signes d’un véritable redressement tardent à se manifester.
Organisée à l’initiative du Centre d’Analyse et de Recherche en Droits de l’Homme (CARDH), avec l’appui du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, la rencontre a rassemblé une mosaïque d’acteurs institutionnels, judiciaires et civils. Tous s’accordent à reconnaître l’urgence d’un renforcement des capacités opérationnelles, tant pour la Police nationale que pour la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS). Mais les attentes dépassent largement les intentions affichées.
Dans les rues de la capitale comme dans les provinces, la violence continue d’imposer sa loi. Les enlèvements, les affrontements entre groupes armés et les déplacements massifs de familles demeurent le quotidien de milliers d’Haïtiens. Les forces de l’ordre, trop souvent dépassées, peinent à incarner l’autorité d’un État en quête de crédibilité.
Le Premier ministre, tout en évoquant la nécessité d’une stabilité préalable à toute avancée électorale ou constitutionnelle, a salué le soutien international et réitéré l’engagement du Conseil Présidentiel de Transition. Un discours d’intention, lucide dans le ton, mais encore éloigné d’une stratégie pleinement assumée et perceptible sur le terrain.
À l’épreuve des faits, les promesses gouvernementales peinent à dissiper la sensation d’abandon qui s’installe dans de larges franges de la population. Tandis que les déclarations se succèdent, la sécurité, elle, reste vulnérable – suspendue à des décisions courageuses qui se font toujours attendre.
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