Le dossier des expropriations réalisées dans la zone de Fil Aéroport, à Tabarre, franchit une nouvelle étape judiciaire. Le juge d’instruction Hugues Sylvain a sollicité à nouveau l’intervention de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) afin de faire la lumière sur des irrégularités présumées dans le processus d’indemnisation de plusieurs propriétaires.
Dans une correspondance officielle adressée à la directrice générale de l’ULCC, Goethie Varnelle Morency, le magistrat indique qu’il s’agit d’une relance dans le cadre d’une information judiciaire ouverte suite à des plaintes déposées par Ernso Pierre et Etienne Makengson. Les plaintes visent directement Arsonval Alexandre, président de la commission municipale de Tabarre.
Le dossier porte sur des opérations d’expropriation de maisons situées dans la zone stratégique de « Fil Aéroport », aux abords de l’aéroport international Toussaint Louverture. Selon les éléments exposés par le juge, les investigations préliminaires auraient mis en évidence des zones d’ombre nécessitant un examen technique approfondi des opérations financières et administratives liées aux indemnisations.
Le magistrat rappelle dans sa lettre qu’il avait déjà saisi l’ULCC le 27 avril 2026 pour obtenir son expertise. L’institution avait alors demandé et obtenu une prorogation de soixante jours pour finaliser ses travaux et produire un rapport technique sur la traçabilité des fonds.
Au cœur de l’affaire, des témoignages de personnes se présentant comme victimes. Elles affirment que les sommes destinées à leur indemnisation ne leur auraient pas été intégralement remises. L’un des cas évoqués porte sur un montant de 10,733 millions de gourdes, dont seulement 6 millions auraient été effectivement versés au bénéficiaire.
À ce stade, ces allégations restent à vérifier par une enquête indépendante et contradictoire. Aucune charge formelle n’a encore été retenue et le maire Arsonval Alexandre, président de la commission municipale, bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à ce que la justice se prononce.
Le rapport de l’ULCC est désormais très attendu. Il devra déterminer s’il y a eu détournement, mauvaise gestion ou simple dysfonctionnement administratif dans ce dossier sensible qui touche des familles expropriées depuis plusieurs années. Le Placentin suivra l’évolution de l’information judiciaire.
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