L'Initiative Départementale Contre la Traite et le Trafic des Enfants (IDETTE) exprime sa profonde indignation face à la disparition d'une nouveau-née à l'Hôpital Saint-Antoine de Jérémie. Dans une note de protestation publiée ce dimanche 7 septembre 2026 et signée de son Coordonnateur Général Gérald Guillaume, l'organisation dénonce un fait d'une extrême gravité survenu le jeudi 3 septembre dans des circonstances qui soulèvent de graves interrogations sur les conditions de surveillance, de sécurité et de protection des nouveau-nés au sein de l'établissement hospitalier.
Selon les informations communiquées par l'IDETTE, la victime est la fille de Mysterline Cleomard, une adolescente âgée de seulement 16 ans. Celle-ci a accouché le mercredi 2 septembre et sa nouveau-née a disparu le lendemain jeudi. Pour l'organisation de défense des droits des enfants, la disparition d'un bébé peu de temps après sa naissance dans un hôpital public exige une réaction immédiate et rigoureuse des institutions chargées de la protection de l'enfance, de la sécurité publique et de la justice.
L'IDETTE condamne fermement les éventuelles défaillances dans le dispositif de surveillance de l'Hôpital Saint-Antoine et estime que les circonstances exactes de la disparition doivent être établies sans préjuger des responsabilités individuelles. L'organisation salue l'intervention de la Brigade de Protection des Mineurs (BPM) et de l'Institut du Bien-Être Social et de Recherches (IBESR), mais exige que l'enquête déjà enclenchée soit conduite avec célérité, rigueur et impartialité. Compte tenu de la nature des faits, elle demande que l'hypothèse d'un enlèvement ou d'un trafic de nouveau-né soit sérieusement vérifiée.
Dans sa note, l'IDETTE formule huit exigences claires. Elle réclame d'abord la poursuite et l'approfondissement immédiat de l'enquête pour localiser et récupérer l'enfant, ainsi que l'audition de toutes les personnes susceptibles de fournir des informations utiles, notamment le personnel médical, administratif et de sécurité présent au moment des faits et toute personne ayant eu accès à la maternité. Elle exige également la préservation immédiate de tous les éléments de preuve : registres de maternité, registres d'entrée et de sortie, documents d'accouchement et images des caméras de surveillance si elles existent.
L'organisation demande en outre l'examen de la responsabilité de la direction et du personnel de l'établissement au regard des mesures de contrôle des accès, de surveillance des nouveau-nés et du respect des procédures de sortie, afin que toute responsabilité administrative, disciplinaire ou pénale soit déterminée. Elle réclame la saisine des autorités judiciaires compétentes pour que des poursuites appropriées soient engagées lorsque les éléments de l'enquête le justifient.
L'IDETTE attire une attention particulière sur la situation de la jeune mère. Âgée de 16 ans, elle est elle-même une mineure en situation de vulnérabilité particulière. L'organisation demande la mise en place par l'IBESR d'une prise en charge holistique adaptée à son âge, un accompagnement de sa famille pendant toute la durée des recherches, ainsi que sa protection contre toute forme d'intimidation, de pression ou de culpabilisation. Elle doit être informée régulièrement de l'évolution des recherches concernant son enfant.
Enfin, l'IDETTE demande que cette affaire ne soit ni minimisée ni traitée comme un simple incident administratif. Elle réclame une évaluation complète du dispositif de sécurité de la maternité de l'Hôpital Saint-Antoine suivie de mesures correctives concrètes concernant le contrôle des accès, l'identification des accompagnants et visiteurs, et les conditions de sortie des enfants. L'organisation appelle les autorités à retrouver l'enfant, à établir la vérité et à prendre toutes les mesures nécessaires pour qu'un tel événement ne puisse plus jamais se reproduire.
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