Les élus démocrates américains disent leur inquiétude face à l'action de l'administration Trump, tout en reconnaissant leur impuissance actuelle. C'est le message livré par Martine Larocque Gulick, sénatrice démocrate du Vermont, en entrevue à QUB radio et télé, diffusée sur le 99,5 FM à Montréal. Pour elle, l'action de la Maison-Blanche est devenue de moins en moins lisible.
« Ce n'est pas mon président, ce n'est pas mon ami. On ne comprend pas ce qu'il fait », a-t-elle lancé. L'élue dit avoir « peur de ce président » qu'elle accuse de « voler nos élections » et de « déconstruire notre démocratie ». Des propos qui illustrent le climat de tension entre l'opposition démocrate et l'exécutif républicain.
La sénatrice s'est aussi exprimée sur un dossier qui a surpris au Canada : la volonté prêtée à Donald Trump de renommer le lac Ontario en « lac Amérique ». « C'est une folie exceptionnelle, même pour lui [...] Il n'y a personne qui comprend ce qu'il veut faire avec ça », a-t-elle affirmé, qualifiant le projet d'incompréhensible.
Au-delà du symbole, c'est l'impact économique qui inquiète au Vermont, État frontalier du Québec. Selon Martine Larocque Gulick, le tourisme a chuté de 50% en raison du boycott des visiteurs canadiens. Elle lie cette baisse à la guerre commerciale et aux tarifs imposés. « L'essence, la nourriture, les maisons, la construction, c'est très cher », déplore-t-elle.
Face à cette situation, les démocrates peinent à se faire entendre, reconnaît la sénatrice. « Le problème c'est que tous les aspects de notre gouvernement maintenant sont contrôlés par les républicains, alors on ne peut rien faire pour le moment. J'espère qu'en novembre tout va changer », a-t-elle dit, en référence aux prochaines échéances électorales.
Elle cite Bernie Sanders comme l'une des rares voix qui tentent de faire contrepoids, mais estime que son image associée à la gauche extrémiste limite son influence. « Être au milieu, être modéré, ça n'a pas marché. Alors peut-être que c'est le moment pour un changement », analyse-t-elle, tout en admettant que son parti a perdu le contact avec les ouvriers et les Américains à bas revenus.
Malgré les tensions, la sénatrice a tenu à rappeler l'amitié entre Vermontois et Québécois. Elle dit souhaiter une mobilisation des travailleurs pour se faire entendre, tout en concluant avec résignation : « Malheureusement, il n'y a pas grand-chose qu'on peut faire maintenant ».
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