Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit ce mardi 30 septembre 2025 pour examiner la proposition américaine de transformer la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), dirigée par le Kenya, en une « Force de répression des gangs » (FRG). Cette nouvelle structure disposerait d’un mandat élargi et d’un effectif renforcé pouvant atteindre 5 550 membres, avec pour objectif d’enrayer la spirale de violence qui ravage Haïti.
Créée en 2023, la MMAS avait reçu pour mission de soutenir une police haïtienne débordée face à la montée en puissance des gangs. Mais le dispositif, sous-équipé et sous-financé, n’a jamais atteint ses objectifs initiaux : seuls un millier de policiers internationaux ont été déployés sur les 2 500 prévus, limitant ainsi l’impact sur la sécurité de la capitale Port-au-Prince et des régions environnantes.
La proposition américaine vise à doter la nouvelle force d’une plus grande autonomie et d’un mandat élargi afin de reprendre le contrôle des territoires aux mains des groupes armés. Washington souhaite que cette force puisse aussi contribuer à la stabilité politique du pays en facilitant l’organisation d’élections et en appuyant les institutions haïtiennes. Le projet bénéficie du soutien officiel des autorités haïtiennes et du Panama.
Les États-Unis, principaux bailleurs de fonds, ont indiqué qu’ils financeraient largement la FRG mais qu’aucun soldat américain ne serait déployé sur le terrain. Le déploiement effectif de cette nouvelle force reste conditionné à l’adoption formelle de la résolution par le Conseil de sécurité.
Cette initiative suscite toutefois des interrogations sur sa portée réelle. Si une force plus robuste peut rétablir l’ordre à court terme, elle ne suffira pas sans réformes institutionnelles et soutien socio-économique durable. Le vote du Conseil de sécurité aujourd’hui sera donc un signal clé de l’engagement international envers Haïti.
0 Commentaire