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Artibonite: au moins 70 morts après une nouvelle attaque de gangs armés

Petite-Rivière-de-l’Artibonite, environs 70 personnes ont été tuées lors d’ une attaque menée par les membres du gang grangrif dans la nuit de samedi à dimanche 29 mars 2026. A indiqué lundi le directeur d’une organisation de défense des droits de l’homme. Un bilan nettement plus élevé que les chiffres initiaux avancés par les autorités locales, et qui pourrait grimper jusqu’à 80 morts, selon l’ONU.

«Cette attaque souligne la gravité de la situation sécuritaire à laquelle est confrontée la population haïtienne. Le secrétaire général de l’ONU appelle le peuple haïtien et les autorités haïtiennes à mener une enquête approfondie», a déclaré son porte-parole, Stéphane Dujarric.

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La police avait initialement fait état de 16 morts et 10 blessés, tandis qu’un rapport préliminaire des autorités de protection civile indiquait que 17 personnes avaient trouvé la mort et 19 avaient été blessées. Le Collectif de défense des droits de l’homme a déclaré que ce «massacre» avait contraint près de 6 000 personnes à fuir leurs foyers.

«L’absence de réponse sécuritaire et l’abandon de l’Artibonite aux mains des groupes armés démontrent un désengagement total des autorités», a déclaré le groupe dans un communiqué. Selon Bertide Horace, porte-parole de la Commission de dialogue, de réconciliation et de conscientisation pour sauver l’Artibonite (un département d’Haïti), organisation de la société civile, l’attaque dans cette localité située au nord-ouest de Port-au-Prince a été menée par le gang «Gran Grif». D’autres exactions ont eu lieu lundi matin, a-t-elle ajouté.

Selon elle, le bilan est d’une trentaine de morts, une dizaine de disparus et plusieurs blessés. Dans son point de presse quotidien, Stéphane Dujarric a pour sa part évoqué un bilan «allant de 10 jusqu’à 80 personnes tuées». Cette attaque fait suite à des rapports des Nations Unies selon lesquels plus de 2000 personnes ont récemment été déplacées à la suite de raids armés dans la localité voisine de Verrettes, ce qui a poussé les habitants de Petite-Rivière à fuir leurs maisons.

Le département de l’Artibonite, une région agricole clé, a connu certaines des pires violences en Haïti alors que les conflits entre gangs s’étendent au-delà de la capitale, Port-au-Prince. En mars, les États-Unis ont offert une récompense pouvant atteindre 3 millions de dollars pour toute information sur les activités financières des groupes Gran Grif et Viv Ansanm. Washington a désigné ces deux groupes, qui représentent des coalitions de centaines de gangs, comme des organisations terroristes.

Les forces de sécurité haïtiennes, soutenues par une mission internationale appuyée par l’ONU et une société militaire privée américaine, ont intensifié leurs opérations contre les gangs qui contrôlent la majeure partie de la capitale. Cependant, les autorités n’ont toujours pas arrêté de chef de gang important. Selon un rapport du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme publié la semaine dernière, les violences perpétrées par les gangs et les attaques visant ces derniers en Haïti ont fait plus de 5500 morts entre mars 2025 et mi-janvier.

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