Port-au-Prince, 26 octobre 2025. – Les organisations SOS Journalistes Haïti et Journalistes contre la Corruption, pour les Droits Humains et la Démocratie (JCDH) appellent les autorités judiciaires à libérer sans délai le communicateur social John Kadhafi Noël, toujours incarcéré à Jérémie plus de trois mois après son arrestation, malgré le retrait officiel de la plainte à son encontre.
Arrêté le 17 juillet 2025, John Kadhafi Noël est accusé d’outrage et de bris de matériel, à la suite d’un différend avec le commissaire du gouvernement de Jérémie, Guetchens Alexandre. Ce dernier, toutefois, a confirmé avoir pardonné au communicateur, soulignant que l’affaire ne justifiait plus sa détention prolongée. « Je n’ai rien contre lui », a déclaré le commissaire Alexandre lors d’une interview accordée au journaliste Ralph Simon de Radio Extention. Il a précisé que Kadhafi Noël lui avait adressé une lettre d’excuse formelle, publiée sur les réseaux sociaux, et qu’il l’avait rencontré personnellement pour lui présenter ses regrets.
« Puisqu’il a reconnu sa faute et présenté des excuses, j’ai choisi de lui pardonner, car c’est un jeune avec de l’avenir », a ajouté le commissaire, dénonçant au passage certaines manœuvres politiciennes qui, selon lui, cherchent à détourner le dossier à des fins personnelles ou partisanes.
De leur côté, SOS Journalistes Haïti et le JCDH estiment qu’aucun fondement légal ne justifie le maintien en détention de John Kadhafi Noël, un citoyen engagé connu pour ses prises de position critiques et son travail communautaire dans la Grand’Anse, notamment à travers son blog « Découvrir la Grand’Anse ». Les deux structures dénoncent ce qu’elles qualifient d’injustice flagrante et demandent aux autorités judiciaires de mettre fin à cette situation qu’elles jugent arbitraire.
« Il est inacceptable qu’un citoyen reste emprisonné alors même que la partie plaignante s’est désistée », peut-on lire dans la déclaration conjointe des deux organisations, qui saluent par ailleurs l’attitude républicaine du commissaire Alexandre pour avoir privilégié le dialogue et la réconciliation.
SOS Journalistes et le JCDH exhortent enfin les autorités à garantir le respect des droits humains, en rappelant que la liberté d’expression et le droit à un traitement équitable devant la justice constituent des piliers fondamentaux de la démocratie.
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