C'est une visite qui n'était pas censée se savoir. Selon les révélations concordantes de CBS News et Axios, John Ratcliffe, directeur de la CIA, s'est rendu discrètement à Moscou ce mardi 25 août. Une première depuis près de cinq ans pour un patron de la puissante agence de renseignement extérieur américaine.
Il faut remonter à novembre 2021 pour retrouver la trace d'un tel déplacement. Trois mois avant le début de la guerre en Ukraine, William Burns, alors directeur de la CIA, avait fait le voyage jusqu'au Kremlin pour tenter de dissuader Vladimir Poutine d'envahir l'Ukraine. Une démarche restée sans effet.
Près de cinq ans plus tard, son successeur, John Ratcliffe, nommé en janvier 2025 par l'administration Trump, a à son tour franchi le pas. Selon les deux médias américains, qui citent des sources diplomatiques, le patron de la CIA a passé quelques heures dans la capitale russe lors d'un déplacement ultra-confidentiel, ni confirmé par Washington, ni par Moscou.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, interrogé lors de son briefing quotidien, a botté en touche. Il a affirmé ne pas disposer « de cette information », après avoir assuré qu'aucune rencontre avec des représentants américains n'était prévue cette semaine au Kremlin.
Pour reconstituer le trajet, CBS et Axios se sont appuyés sur le site de suivi aérien Flightradar24. Selon leurs données, un avion militaire américain a décollé dimanche de la base d'Andrews, près de Washington, réservée aux déplacements de hauts responsables, pour rejoindre Riga, en Lettonie. Mardi matin, le même appareil a mis le cap sur l'aéroport moscovite de Vnoukovo, avant de quitter la Russie en début de soirée.
Cette visite intervient alors que les pourparlers de paix entre la Russie et l'Ukraine sont au point mort et que le front reste meurtrier. Les autorités russes ont annoncé lundi la mort de deux enfants dans le sud du pays lors de frappes de drones ukrainiens. Pour permettre ce déplacement sensible, Washington aurait obtenu de Kiev, selon un journaliste du Financial Times, qu'elle suspende toute frappe sur Moscou, Saint-Pétersbourg et le nord de la Russie de lundi à mercredi.
Si aucun communiqué officiel n'a filtré sur l'objet de la rencontre, les dossiers ne manquent pas. En avril 2025 déjà, la CIA avait joué un rôle central dans un échange de prisonniers entre Moscou et Washington. La guerre en Ukraine, la stratégie de pression économique sur l'Iran et le sort des détenus américains en Russie figurent parmi les sujets susceptibles d'avoir justifié ce voyage exceptionnel. Le 11 août dernier, le président Donald Trump affirmait d'ailleurs avoir obtenu, lors d'échanges directs avec Vladimir Poutine, la libération de l'ancien Marine Robert Gilman, détenu en Russie depuis 2022.
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