C’est sous les regards fiers de leurs familles et de la haute hiérarchie de l’État que 150 militaires haïtiens, dont 15 femmes, ont quitté ce jeudi 24 juillet la capitale pour suivre une formation stratégique au Mexique. Une cérémonie officielle, présidée par le Premier ministre Didier Fils-Aimé et en présence du président du Conseil Présidentiel de Transition Fritz Alphonse Jean, a marqué ce départ symbolique.
Pour le gouvernement haïtien, cette initiative s’inscrit dans une dynamique de refondation des Forces Armées d’Haïti (FAd’H), longtemps marginalisées depuis leur démantèlement en 1995. Le retour progressif de l’armée sur la scène nationale répond aujourd’hui à des enjeux multiples : insécurité persistante, menace transnationale, contrôle territorial et besoin de souveraineté. « C’est le signal d’un État qui se relève, qui prend ses responsabilités, et qui prépare ses défenseurs », a déclaré le chef du gouvernement.
Femmes en uniforme : un message fort pour l’égalité : La présence de 15 femmes dans cette première cohorte n’est pas anodine. Elle traduit la volonté des autorités de promouvoir une armée inclusive et représentative de toute la société. Un pas important vers l’égalité de genre dans un secteur historiquement dominé par les hommes. Ce choix, salué par plusieurs observateurs, renforce également l’image d’une nouvelle génération de militaires plus ouverte, plus professionnelle et mieux formée aux standards internationaux.
Coopération bilatérale : le Mexique, un partenaire stratégique Ce programme de formation, qui vise à encadrer au total 700 militaires haïtiens, repose sur un partenariat renforcé avec le Mexique. L’émissaire du ministère mexicain des Affaires étrangères, Carlos Imanol Reyes, a réaffirmé l’engagement de son pays à accompagner Haïti dans ses efforts de stabilisation.
Dans un contexte régional marqué par une insécurité transfrontalière croissante, cette coopération militaire prend une dimension géopolitique. Elle illustre le repositionnement d’Haïti sur la scène diplomatique et le rôle actif que le pays entend jouer dans sa propre sécurité.
Entre promesse et prudence : Si l’événement soulève de l’espoir, il appelle aussi à la vigilance. La réussite de cette réforme dépendra de la capacité des autorités à assurer le suivi de ces militaires, à les insérer dans un dispositif de sécurité cohérent, et à éviter les erreurs du passé liées à la politisation de l’armée ou à l’impunité.
L’opinion publique, souvent sceptique, attend des résultats concrets sur le terrain : une baisse de l’insécurité, un rétablissement de l’ordre public, et surtout, une armée au service de la population.
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