Le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) a annoncé ce vendredi que le déploiement d’une force multinationale pourrait débuter dès le mois d’avril. Cette initiative intervient alors que la situation sécuritaire se détériore, les gangs armés renforçant leur emprise sur plusieurs zones stratégiques, en particulier dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.
Selon les responsables onusiens, cette force vise à soutenir la Police nationale d’Haïti (PNH) dans ses opérations contre les groupes armés qui contrôlent une large partie du territoire. La cheffe du BINUH, María Isabel Salvador, a précisé que près de 5 500 soldats seraient progressivement déployés, avec un effectif complet attendu d’ici l’été.
Carlos Ruiz, envoyé spécial de l’ONU pour Haïti, a confirmé que des renforts supplémentaires devraient arriver dès avril. Il a souligné que la montée en puissance de la force pourrait se poursuivre jusqu’à l’automne au plus tard, selon les contributions des pays partenaires et les capacités logistiques disponibles.
Au-delà de l’urgence sécuritaire, l’ONU insiste sur la nécessité de respecter le calendrier politique. María Isabel Salvador a rappelé que le déploiement de cette force doit contribuer à créer un environnement propice à des élections crédibles et inclusives, essentielles pour le rétablissement de l’ordre constitutionnel et la stabilité institutionnelle.
À l’approche du 7 février, date symbolique qui pourrait marquer l’entrée en fonction d’un président élu, cette annonce relance la réflexion sur la capacité des autorités à organiser les élections prévues cette année. Entre attentes populaires, pression internationale et urgence sécuritaire, le renfort militaire onusien apparaît comme un levier important pour soutenir un retour à la stabilité politique et sécuritaire en Haïti.
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