Le président de la FIFA, Gianni Infantino, fait face à une vague de critiques émanant de deux voix influentes du football mondial. Son prédécesseur Sepp Blatter et le président de la Liga espagnole, Javier Tebas, dénoncent sa gouvernance et appellent à un changement à la tête de l'instance.
Au lendemain du sacre de l'Espagne en Coupe du monde, Javier Tebas a accusé Gianni Infantino de « détruire le football ». Dans un entretien à La Gazzetta dello Sport, il reproche à la FIFA de faire de la Coupe du monde la priorité absolue, au détriment des championnats nationaux. « Le monde du football ne se résume pas à la Coupe du monde. Ce sont les compétitions nationales qui font vivre ce sport », a-t-il martelé.
Au cœur de la discorde, le projet d'élargir la Coupe du monde 2030 à 64 équipes, contre 48 prévues initialement. Pour Tebas, cette inflation déstabilise l'économie du football. « La FIFA est en train de détruire une industrie qui génère des dizaines de milliers d'emplois pour un tournoi qui dure à peine quelques semaines », a-t-il dénoncé, plaidant au contraire pour une réduction du calendrier international.
Allant plus loin, le patron de la Liga a appelé à la démission de Gianni Infantino, tout en jugeant ce scénario improbable. « Il n'y a pas d'opposition. Personne ne veut se présenter. Le système est verrouillé », a-t-il regretté. Élu en 2016, Infantino devrait briguer un quatrième mandat en mars prochain, possiblement sans adversaire.
Javier Tebas a également relancé la polémique autour de la suspension de l'Américain Folarin Balogun pendant le Mondial. Il affirme que sa levée, après un appel téléphonique attribué à Donald Trump à Gianni Infantino, aurait pu provoquer un scandale si les États-Unis avaient continué leur parcours. La FIFA, de son côté, assure que la décision a été prise en toute indépendance par sa commission de discipline.
De son côté, Sepp Blatter, ancien président de la FIFA, a lui aussi taclé la gouvernance actuelle. Sur le réseau X, tout en saluant la victoire de l'Espagne, il a déploré que « la politique ait pris le pas sur le jeu » durant le tournoi, estimant que cela nuit à la crédibilité du football mondial.
Enfin, Tebas a critiqué les interruptions de jeu à rallonge observées durant la compétition, comme les pauses hydratation et les mi-temps prolongées. Des choix qu'il juge dictés par des intérêts commerciaux plutôt que sportifs, et qui illustrent selon lui une FIFA qui privilégie le profit au détriment du jeu et des compétitions nationales.
0 Commentaire