Le Placentin
<
news-details
Société

Famine imminente : Haïti figure parmi les 16 régions les plus vulnérables du globe

La planète s’approche d’un tournant humanitaire critique, alertent les Nations Unies. Seize régions du monde, dont Haïti, sont désormais considérées au seuil d’une famine annoncée.

Dans leur rapport conjoint, la FAO et le Programme alimentaire mondial (PAM) décrivent une dégradation fulgurante de l’insécurité alimentaire, stimulée par l’enchaînement des conflits armés, des chocs économiques, des événements climatiques extrêmes et du recul des financements humanitaires. Ces crises combinées frappent d’autant plus durement des zones déjà fragilisées par des années de tensions et d’abandon international.

news-details

Haïti apparaît parmi les six crises les plus critiques. Miné par la violence des gangs, l’effondrement des institutions et l’aggravation de la pauvreté, le pays voit la faim gagner du terrain chaque semaine. Près de 5,9 millions d’Haïtiens vivent au rythme des repas sautés et de l’alimentation de survie, tandis que certaines zones restent difficiles, voire impossibles, d’accès pour les équipes humanitaires. Le rapport souligne que la détérioration de la situation haïtienne est désormais « plus rapide que la capacité de réponse ».

Au Soudan et à Gaza, les deux autres épicentres de l’alerte, le bilan humanitaire est tout aussi préoccupant. Au Soudan, les combats entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR) ont déjà plongé plusieurs régions dans la famine, avec des milliers de vies menacées faute d’acheminement sécurisé de nourriture. À Gaza, malgré un cessez-le-feu récent, l’arrivée de l’aide reste insuffisante pour compenser une famine déjà confirmée dans le nord de l’enclave.

Dix autres pays et territoires figurent également sur la liste des zones « très préoccupantes », dont l’Afghanistan, la Somalie, le Nigeria et la Syrie, où les crises politiques, économiques et climatiques s’entremêlent. Les camps rohingyas au Bangladesh, ainsi que le Burkina Faso, le Tchad et le Kenya, complètent ce panorama mondial de la faim, marqué par une même ligne de rupture : celle des guerres, de la sécheresse et de l’effondrement des structures étatiques.

Pour la FAO et le PAM, la famine n’est ni une fatalité ni une surprise. Elle est le résultat direct d’un désengagement collectif et d’un manque d’investissement dans la prévention. Cindy McCain, directrice exécutive du PAM, décrit des familles « sacrifiant leurs propres repas pour nourrir leurs enfants », tandis que Qu Dongyu, directeur général de la FAO, rappelle que prévenir la famine relève autant d’un impératif moral que d’un investissement stratégique dans la stabilité mondiale.

Les deux agences appellent à un sursaut immédiat. Selon elles, agir maintenant permettrait d’éviter un effondrement alimentaire aux conséquences humaines et géopolitiques durables, et chaque dollar mobilisé aujourd’hui pourrait épargner des années de crises et d’instabilité.

Le Placentin

Partagez cet article



Supporter Le Placentin
author

Yvena ISIDOR

Journaliste

Journaliste, à la fois présentatrice de radio et rédactrice depuis 2021, Professeure de mathématiques avec une formation en génie civil, militante dans le monde culturel comme animatrice de club d'art et de spectacle.

Laissez un commentaire


0 Commentaire