Deux jeunes hommes originaires du Texas ont été inculpés pour avoir conçu un plan d’invasion meurtrier et misogyne contre cette île haïtienne, dans le but déclaré de massacrer les hommes et d’asservir sexuellement les femmes et les enfants. Une affaire qui soulève un profond malaise et rappelle la vulnérabilité des territoires haïtiens.
D’après l’acte d’accusation, Gavin Rivers Weisenburg, 21 ans, et Tanner Christopher Thomas, 20 ans, s’étaient engagés depuis près d’un an dans la préparation d’une expédition criminelle. Leur projet incluait l’achat d’un voilier, l’acquisition d’armes à feu et de munitions, ainsi que la formation d’un groupe d’hommes sans abri recrutés dans les rues de Washington D.C. Ceux-ci devaient constituer, selon les enquêteurs, un « commando improvisé » chargé d’appuyer l’attaque, selon les informations rapportées par Vant Bef Info ce 21 novembre 2025. Les inculpés auraient également commencé à apprendre le créole haïtien, signe selon les procureurs de leur détermination à opérer directement sur le sol haïtien.
Le contenu du complot, qualifié d’« atrocement violent » par les autorités fédérales, choque par sa brutalité. Les deux hommes projetaient d’exterminer la population masculine de La Gonâve et d’imposer un esclavage sexuel aux femmes et aux enfants. Outre la conspiration en vue de tuer et d’enlever à l’étranger, ils sont poursuivis pour production de pornographie enfantine, un chef d’accusation lourdement sanctionné par la législation américaine.
Le FBI a pris en charge l’enquête, en collaboration avec plusieurs unités spécialisées. Les autorités affirment avoir empêché une opération qui, même si elle semblait difficilement réalisable, aurait pu entraîner un drame d’une ampleur exceptionnelle. Malgré la gravité des faits, aucune autorité haïtienne n’a encore commenté publiquement l’affaire. Ce silence surprend, d’autant plus que La Gonâve est depuis longtemps une zone sous-administrée, disposant de ressources limitées pour faire face à une menace extérieure, même isolée.
Pour certains spécialistes, cette situation met en lumière la nécessité urgente de renforcer la sécurité maritime et la capacité de surveillance des côtes haïtiennes, souvent laissées sans protection adéquate. Les deux ressortissants américains n’avaient pas quitté les États-Unis au moment de leur interpellation. L’affaire reste donc circonscrite au cadre judiciaire américain, mais elle ouvre un débat sur les motivations profondes des inculpés : idéologie extrémiste, fantasmes violents ou volonté réelle d’exécuter un plan insensé ?
Leur procès devrait permettre de répondre à ces questions. Les deux accusés risquent la prison à vie, notamment pour conspiration en vue de commettre un meurtre à l’étranger.
Au-delà du fait divers, cette affaire met en lumière la fragilité structurelle des territoires haïtiens, laissés sans mécanismes de protection efficaces. Elle rappelle aussi que le chaos institutionnel actuel accroît l’exposition du pays à des menaces inattendues, provenant parfois de l’extérieur et portées par des individus isolés. Face à une affaire qui défie l’imagination et indigne la nation, de nombreux Haïtiens attendent désormais une réaction claire et ferme des autorités compétentes.
0 Commentaire