Le révérend Jesse Jackson s’est éteint ce mardi 17 février 2026 à l'âge de 84 ans, des suites de la maladie de Parkinson. Avec lui disparaît l’une des dernières grandes figures du mouvement moderne des droits civiques aux États-Unis.
Né en 1941 en Caroline du Sud, en pleine ère ségrégationniste, il s’impose dès les années 1960 comme un acteur central de la lutte pour l’égalité raciale. Proche de Martin Luther King, il se trouvait à Memphis lors de l’assassinat du leader pacifiste en 1968, un drame qui renforça son engagement et fit de lui l’un des héritiers les plus visibles de ce combat.
Tribun redoutable et stratège politique, Jesse Jackson porta la cause afro-américaine au cœur de la vie institutionnelle. Ses candidatures aux primaires démocrates de 1984 et 1988, face à Ronald Reagan puis George H. W. Bush, bouleversèrent les équilibres traditionnels du parti et élargirent la participation électorale des minorités. Sans accéder à la Maison Blanche, il contribua à redessiner le paysage politique américain et à ouvrir la voie à l’élection de Barack Obama deux décennies plus tard.
Au-delà des frontières américaines, il s’investit dans plusieurs médiations internationales, de l’Afrique au Moyen-Orient, plaidant pour la libération de prisonniers et contre l’apartheid. Présent aux côtés de la famille de George Floyd en 2021 comme lors de la victoire de Barack Obama en 2008, il demeura jusqu’au bout un symbole vivant de la continuité des luttes pour la dignité et la justice.
Avec la disparition de Jesse Jackson, le monde perd une conscience engagée, une voix intransigeante face aux injustices et l’un des gardiens les plus constants du rêve d’égalité porté par toute une génération.
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