Pornhub va verser 120 millions de dollars américains à des victimes dont des vidéos à caractère sexuel, enregistrées alors qu'elles étaient mineures, ont été diffusées sur ses plateformes. L'entente vise à clore deux recours collectifs lancés en 2021 en Alabama et en Californie contre MindGeek, maison-mère du site aujourd'hui rebaptisée Aylo, dont le siège est à Montréal.
L'accord, qui doit encore être approuvé par le tribunal, concerne toute personne dont du contenu la montrant mineure est apparu sur les plateformes du groupe entre 2011 et 2024. Selon les documents judiciaires, les vidéos concernées auraient été vues plus de 684 millions de fois sur Pornhub et ses sites affiliés, qui figurent parmi les plus visités au monde.
L'une des actions a été initiée par une victime de porno vengeur, qui accuse son ex-petit ami d'avoir mis en ligne une vidéo intime sans son consentement. Plus largement, les plaignants soutiennent que l'entreprise a tiré d'importants revenus de la diffusion de contenus illégaux impliquant des mineurs, parfois mis en avant sur les pages d'accueil.
Les documents déposés devant la cour font état de graves manquements dans la modération. Les procureurs citent le cas de contenus impliquant des adolescents ayant été monétisés au téléchargement, et évoquent la diffusion de matériel concernant des milliers de mineurs. Malgré ces accusations, Aylo ne reconnaît aucune faute dans le cadre du règlement.
Des échanges internes d'employés, versés au dossier et révélés par le Bureau d'enquête dans le livre L'empire du sexe, suggèrent toutefois que la présence régulière de ce type de contenus était connue au sein de l'entreprise. Des messages internes évoquaient quotidiennement la problématique.
Au-delà de l'indemnisation financière, l'entente prévoit des mesures structurelles. Aylo devra instaurer une vérification obligatoire de l'âge de toutes les personnes apparaissant dans les contenus, sur la base de pièces d'identité gouvernementales, et renforcer ses dispositifs pour empêcher le téléversement de matériel illégal.
Si elle est homologuée, cette entente de 120 millions de dollars deviendra l'un des plus importants règlements de l'histoire de l'industrie du divertissement pour adultes, et pourrait redéfinir les obligations de vérification et de modération imposées aux grandes plateformes de diffusion.
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