L’incendie criminel de l’Hôpital Bernard Mevs, l’un des établissements les plus vitaux de Port-au-Prince, représente bien plus qu’une simple attaque : c’est une attaque directe contre la vie et la dignité du peuple haïtien. Des témoignages en provenance des quartiers voisins rapportent que des membres du groupe criminel "Viv Ansanm" ont envahi l’hôpital, incendié une ambulance et permis à l’incendie de se propager rapidement. Bien que les autorités préfèrent rester muettes face à cette situation, cet acte s’inscrit dans une série d'attaques ciblant délibérément les infrastructures de santé, aggravant une crise sanitaire déjà catastrophique.
À 17h00, Jacqueline, témoin direct de la scène, a confirmé la présence des sapeurs-pompiers qui ont tenté de lutter contre les flammes. Pourtant, l’accès à l’hôpital demeure quasiment impossible en raison de la présence de gangs dans le quartier de Village Solidarité. Les autorités, paralysées par la peur et l’inaction, se retrouvent incapables de répondre à l’urgence, tandis que les équipes de secours font face à des obstacles insurmontables. L’évaluation des dégâts reste impossible, et l’indifférence des dirigeants devient de plus en plus inexcusable.
Cet incendie, qu’il soit perpétré par des groupes armés ou non, est bien plus qu’un simple acte de violence. Il s’agit d'une attaque préméditée contre l’un des derniers centres de soins vitaux pour la population haïtienne. L’objectif est clair : détruire l’infrastructure essentielle et paralyser les services médicaux déjà fragilisés, rendant une situation sanitaire déjà critique encore plus insupportable. Ce n’est pas un cas isolé : d’autres centres de santé ont été ciblés, des ambulances de Médecins Sans Frontières (MSF) attaquées, forçant certains établissements à fermer leurs portes sous la pression des gangs. L’accès aux soins est désormais une illusion, et le silence des autorités est devenu un cri d’indifférence.
L’Hôpital Bernard Mevs, reconnu pour son engagement humanitaire, se retrouve aujourd’hui dévasté, en proie à une violence systématique. En 2011, la Fondation Yéle Haïti a financé l’acquisition d’un scanner de haute technologie, un outil indispensable pour diagnostiquer des pathologies graves telles que les traumatismes et le cancer. La destruction de cet équipement représente une catastrophe pour un établissement déjà fragilisé par des difficultés financières, sans aucun soutien sérieux de la part de l’État.
Ces attaques répétées contre des hôpitaux comme Bernard Mevs ne relèvent pas seulement du crime de guerre. Elles incarnent l’échec absolu des autorités, dont l’inaction complice face à la violence aveugle des gangs est une trahison manifeste envers leur peuple. Les hôpitaux sont réduits à des cibles, et la population, abandonnée, n’a plus aucun recours. Le système de santé haïtien est en ruines, et ceux qui portent la responsabilité de ce désastre sont ceux qui, par leur silence et leur inaction, ont permis cette descente aux enfers.
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