La fille de Jovenel Moïse, ancien président haïtien assassiné, a de nouveau témoigné jeudi au procès fédéral de quatre hommes accusés d'avoir participé à l'assassinat de son père.
Jomarlie Moïse a déclaré devant le tribunal fédéral de Miami qu'elle se trouvait au domicile familial le 7 juillet 2021 lorsque des hommes armés ont fait irruption et tué son père. Elle a expliqué aux jurés s'être cachée dans la salle de bains avec son frère et Delilah, le chien de la famille. Elle est sortie indemne de l'attaque.
Moïse, qui a déclaré être née et avoir grandi en Haïti et vivre dans la maison familiale depuis 2015, a décrit la présence constante de 30 à 50 gardes autour de la maison. Sa mère a également confirmé cette information. Elle a ajouté qu'il y avait un poste de police à proximité, un poste de garde, des contrôles routiers et des caméras de surveillance près de leur domicile. Elle a précisé que la famille appelait à l'avance à leur arrivée afin que la sécurité puisse se préparer. Elle a également mentionné la présence d'un balcon dans la chambre de ses parents. Interrogée à ce sujet mercredi, la mère de Moïse a affirmé qu'il ne s'agissait pas d'un balcon, mais simplement d'une fenêtre avec des barreaux à l'extérieur.
Mercredi, l'ancienne Première dame Martine Moïse a également impliqué l'ancien président haïtien Joseph Michel Martelly et un l'ancien Premier ministre Ariel Henry dans l'assassinat de son mari. Elle a par ailleurs témoigné être elle-même visée par une enquête des autorités haïtiennes en lien avec ce meurtre, ce qui, selon elle, s'explique par le fait que les personnes impliquées occupent désormais des postes de pouvoir.
L'accusation a fait comparaître des témoins supplémentaires, dont un médecin du Jackson Memorial Hospital qui a soigné Martine Moïse après son transfert à Miami pour de graves blessures. Le médecin a expliqué que Mme Moïse avait dû être enregistrée sous plusieurs pseudonymes pendant son traitement. Interrogé à ce sujet, il a également indiqué qu'elle parlait très bien anglais et n'avait jamais eu besoin d'interprète, bien que l'hôpital en eût à disposition. Deux interprètes étaient présents au tribunal mardi et jeudi lors des témoignages de Mme Moïse.
Le jury a conclu sa journée d'audience en entendant le témoignage détaillé et poignant du Dr Jean Demorcy, le médecin haïtien qui a pratiqué l'autopsie du président Moïse le 10 juillet 2021, trois jours après l'assassinat. Le Dr Demorcy a témoigné que Moïse avait reçu au moins une douzaine de balles et présentait de graves traumatismes corporels, notamment des fractures du crâne, du bassin, des vertèbres, du bras et de la jambe gauches, ainsi que d'autres blessures aux membres, au thorax et à l'abdomen. Les radiographies présentées au tribunal ont révélé la présence de fragments de balles dans tout le corps du président.
Selon Demorcy, la cause du décès était une blessure par balle au cœur. Il a précisé qu'une autre blessure par balle à la tête était survenue par la suite. Il a également témoigné que l'un des tirs à la tête semblait avoir été effectué à bout portant, à moins d'un mètre, d'après les traces de poudre près de l'oreille gauche. Demorcy a expliqué que des balles et des fragments étaient restés dans le corps du président assassiné, car leur extraction complète aurait pris plusieurs jours et aurait endommagé davantage la dépouille. L'accusation a également présenté aux jurés les balles et les fragments extraits du corps du président lors de l'autopsie.
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