Les États-Unis cherchent à rouvrir le détroit d’Ormuz, bloqué quasi totalement par l’Iran et par lequel transite d’ordinaire un cinquième de la production mondiale de pétrole. Mais aucun pays, y compris la Chine également visée par Donald Trump, ne veut pour l’heure se joindre aux efforts américains.
Donald Trump a fait pression sur ses alliés et la Chine dimanche pour assurer la sécurité du détroit d’Ormuz, alors que l’Iran a mis en garde contre toute implication d’autres pays dans cette guerre qui embrase le Moyen-Orient et fait flamber le pétrole. « S’il n’y a pas de réponse (NDLR : à la requête américaine), ou si celle-ci est négative, je pense que cela aura des conséquences très mauvaises pour l’avenir de l’Otan », a-t-il affirmé. Il a également prévenu que le sommet avec la Chine prévu début avril à Pékin avec le président Xi Jinping pourrait être reporté si ce pays ne met pas la main à la pâte.
Les prix du pétrole ont poursuivi dimanche leur mouvement haussier enclenché par la guerre au Moyen-Orient, qui fait craindre une perturbation durable de l’approvisionnement en hydrocarbures à l’échelle mondiale. Le président américain a dit souhaiter former une coalition de pays pour assurer la sécurité du détroit stratégique d’Ormuz, citant notamment la France mais aussi la Chine, le Japon, le Royaume-Uni ou la Corée du Sud. Aucun État n’a pour l’heure annoncé se joindre à Washington.
C’est même plutôt l’inverse qui se produit. Le ministre de la Défense du Japon, Shinjiro Koizumi, a fait savoir ce lundi que son pays, tenu de renoncer pour toujours à la guerre par sa Constitution pacifiste de 1947, « n’envisage pas » un tel déploiement. Toute opération de sécurité maritime serait « extrêmement difficile juridiquement », a estimé la Première ministre Sanae Takaichi. « Nous n’enverrons pas de navire dans le détroit d’Ormuz », a également affirmé la ministre australienne des Transports, Catherine King.
Dans un appel téléphonique dimanche, Donald Trump et le Premier ministre britannique Keir Starmer ont échangé sur « l’importance de rouvrir le détroit d’Ormuz », a indiqué Downing Street. Londres discute avec ses alliés « d’un éventail d’options » afin de sécuriser le transport maritime, mais juge que l’heure est surtout à une « désescalade ».
Cette paralysie est une « souffrance passagère », a assuré le ministre américain de l’Énergie Chris Wright, estimant que la guerre s’achèverait « dans les prochaines semaines ». La guerre au Moyen-Orient ne donne en attendant aucun signe de répit.
Israël a déclaré dimanche disposer encore de « milliers de cibles » à frapper en Iran. « Le régime est affaibli et nous allons l’affaiblir encore plus », a assuré devant la presse le porte-parole de l’armée Effie Defrin. « Une vague de frappes à grande échelle » a d’ailleurs été lancée par Israël lundi à l’aube sur l’Iran.
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