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Politique

Haïti-Élections: voici combien vous allez payer pour être candidat

Le gouvernement haïtien vient de faire marche arrière. Par un décret adopté le 6 octobre 2026, il a drastiquement réduit les frais d'inscription imposés aux candidats aux prochaines élections, des frais qui étaient dénoncés comme une barrière pour exclure les jeunes et les petites structures politiques du processus électoral.

La baisse est significative pour tous les postes sauf un. Le montant exigé pour la présidence reste inchangé à 2 millions de gourdes, soit environ 15 385 dollars américains. Pour tous les autres niveaux, les frais sont divisés par deux ou trois. Ils passent désormais à 400 000 gourdes pour le Sénat contre 800 000 auparavant, 100 000 gourdes pour la Chambre des députés contre 300 000, 50 000 gourdes pour les conseils municipaux contre 100 000, 15 000 gourdes pour les CASEC et seulement 5 000 gourdes pour les ASEC.

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Cette révision corrige le décret du 2 juin dernier, déjà modifié en juillet, qui avait suscité une vague d'indignation. Plusieurs partis politiques et regroupements avaient dénoncé des montants prohibitifs qui réservaient de fait la compétition électorale aux élites économiques et aux partis traditionnels bien financés, au détriment des jeunes candidats et des petites organisations.

Le nouveau texte va plus loin qu'une simple baisse financière. Le gouvernement a également supprimé plusieurs pièces jugées inutiles et coûteuses qui étaient exigées auparavant. Les candidats n'ont plus besoin de fournir des certificats de la Banque de la République d'Haïti (BRH), de l'Office National d'Assurance (ONA), du Fonds de Développement Industriel (FDI), ni même un certificat médical, allégeant ainsi le dossier de candidature.

Cependant, tout n'a pas été assoupli. Les conditions les plus critiquées concernant le parrainage restent en vigueur. Les organisations politiques doivent toujours prouver qu'elles disposent de 30 000 membres ou sympathisants, et les candidats indépendants doivent recueillir 150 000 soutiens pour être éligibles, une exigence considérée par beaucoup comme impossible à satisfaire dans le contexte sécuritaire actuel.

Ce décret intervient alors que le calendrier électoral est en plein flou. Le Conseil Électoral Provisoire (CEP) a annoncé un nouveau calendrier sans préciser si le premier tour, prévu initialement le 13 décembre 2026, sera maintenu ou reporté à 2027. La campagne électorale, qui devait commencer le 5 octobre, a été reportée sine die.

En attendant, la seule certitude est la prolongation de la période d'inscription des candidats jusqu'au 31 octobre. Une décision qui, combinée à la baisse des frais, vise à donner un second souffle à un processus électoral qui peine à convaincre et à attirer des candidatures crédibles.

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