La situation alimentaire en Haïti atteint un seuil critique. Le dernier rapport de l’IPC révèle que plus de la moitié des habitants du pays sont en insécurité alimentaire aiguë.
L’IPC, le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (Integrated Food Security Phase Classification), est un dispositif international d’analyse qui mesure la gravité de l’insécurité alimentaire. Il classe les populations en cinq niveaux, de la sécurité alimentaire minimale (phase 1) à la famine (phase 5). Les résultats présentés ce vendredi par la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA), en présence de responsables gouvernementaux et de partenaires comme la FAO et le PAM, confirment une aggravation inquiétante.
Selon l’évaluation, environ 5,7 millions de personnes vivent en situation de crise (phase 3 ou plus), dont près de deux millions en phase d’urgence. Ces chiffres se traduisent par des familles contraintes de réduire leurs repas, de s’endetter pour se nourrir et de consacrer jusqu’à 65 % de leurs dépenses à l’alimentation. L’inflation, la paralysie des activités économiques et les affrontements armés compliquent davantage l’accès à la nourriture.
Les zones rurales et urbaines sont toutes affectées, mais certaines régions se distinguent par leur vulnérabilité. Le Nord-Ouest, l’Artibonite, La Gonâve et les camps de déplacés de la capitale figurent parmi les plus touchés. À Port-au-Prince, les quartiers de Cité Soleil, Croix-des-Bouquets, Tabarre, Delmas et Pétion-Ville affichent également des indicateurs critiques.
Face à cette urgence, le Conseil présidentiel de transition et le gouvernement ont annoncé le lancement d’un Plan de redressement et de réponse à la crise de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Le projet prévoit la mobilisation rapide de ressources, un contrôle transparent des financements et le renforcement de la gouvernance. La transformation de la CNSA en Office national de sécurité alimentaire et nutritionnelle est également envisagée pour mieux coordonner les réponses.
Dans son intervention, le conseiller présidentiel Louis Gérald Gilles a insisté sur la nécessité d’une action collective. « Ensemble, nous pouvons sauver des vies, protéger les moyens d’existence et renforcer la résilience alimentaire du pays », a-t-il affirmé, tout en appelant à un soutien accru des partenaires techniques et financiers.
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