Lors de l’émission Pause café avec l’ambassadeur, diffusée le mardi 9 décembre 2025, le chargé d’affaires des États‑Unis en Haïti, Henry T. Wooster, a fermement rejeté les allégations d’ingérence américaine dans les affaires politiques haïtiennes. Interrogé sur les critiques formulées récemment par le conseiller‑président Fritz Alphonse Jean, Wooster a insisté sur la nature du rôle diplomatique des États‑Unis, qu’il a qualifiée de « dialogue mutuel » plutôt que d’influence unilatérale.
Selon le diplomate, il est du devoir d’un représentant étranger de rencontrer l’ensemble des acteurs d’un pays y compris le gouvernement, l’opposition, la société civile et les médias afin de mieux comprendre le contexte national et d’échanger des points de vue. « C’est un dialogue à double sens. Parfois, nous sommes d’accord, parfois non », a‑t‑il expliqué, soulignant que ces échanges ne sauraient être assimilés à une intervention dans les affaires internes.
Cette mise au point fait suite aux accusations de Fritz Alphonse Jean, selon lesquelles des diplomates américains auraient exercé des pressions pour l’empêcher de soutenir une motion visant le renvoi du Premier ministre Alix Didier Fils‑Aimé, jugé inefficace. Jean a également affirmé que certains membres du Conseil présidentiel auraient été menacés de sanctions ou de refus de visas par des représentants des États‑Unis et du Canada.
Sur ce point, le porte‑parole adjoint du Département d’État américain, Tommy Pigott, a confirmé que des restrictions de visa ont bien été imposées à un responsable haïtien, mais dans le cadre de mesures ciblées contre des individus accusés de soutien aux gangs et d’entrave aux efforts de sécurité, et non pour des motifs politiques généraux.
M. Wooster a enfin réaffirmé que la stabilité et la sécurité d’Haïti restent des priorités pour Washington. Il a souligné l’importance d’une étroite coordination entre les autorités haïtiennes, la communauté internationale et les partenaires pour accélérer le déploiement d’une force internationale chargée de lutter contre les gangs armés, dans le respect de la souveraineté du pays.
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