Trente-quatre ans après le drame du 10 décembre 1991, Radio Galaxie porte encore la blessure profonde laissée par l’enlèvement de son directeur, Félix « Féfé ».
À l’époque, la station, lancée à peine un an plus tôt, connaissait une ascension fulgurante et se distinguait par son courage. Alors que la plupart des médias avaient cessé leurs émissions d’information après le coup d’État du 30 septembre, Galaxie demeurait l’une des rares voix à continuer de diffuser la vérité, malgré les risques croissants.
Ce soir-là, des policiers avaient fait irruption dans les locaux de la station en plein direct, saccageant le studio avant d’emporter Félix, sous les yeux de ses collaborateurs. Son absence soudaine avait lancé une course effrénée à travers le pays, menée par l’équipe et ses proches, dans l’espoir de retrouver celui qui incarnait l’âme et la détermination de Radio Galaxie. Mais la violence politique et l’impunité avaient brisé cet espoir, laissant une cicatrice que le temps n’a jamais refermée.
Aujourd’hui encore, les membres de Radio Galaxie, sa famille et des milliers d’auditeurs pleurent l’homme qu’il était : patriote, visionnaire, profondément attaché à Haïti. Son rêve d’un pays juste, libre et digne reste inachevé, tandis que ceux qui lui survivent continuent de porter son héritage, souvent loin de leur terre natale. En ce 10 décembre, l’émotion demeure vive, mais la mémoire de Féfé continue d’inspirer la lutte pour une presse plus libre et un pays libéré de l’impunité.
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