La Banque de la République d'Haïti (BRH) tire la sonnette d'alarme. Dans un secteur des paiements numériques qui explose, la protection du consommateur doit devenir la priorité.
Dans un nouveau document de référence sur la confiance dans l'écosystème des paiements numériques, la Banque centrale est claire : sans sécurité, sans transparence et sans protection des données, il n'y aura pas de développement durable des services financiers numériques en Haïti.
Personne ne nie les avantages : rapidité, efficacité, et surtout inclusion financière pour des milliers d'Haïtiens exclus du système bancaire classique grâce au mobile money et aux portefeuilles électroniques.
Mais cette révolution a un prix. La BRH liste les dangers qui guettent les utilisateurs au quotidien : fraude, cybercriminalité, hameçonnage, usurpation d'identité, et utilisation abusive des données personnelles. "Ces menaces peuvent affecter la confiance des consommateurs et freiner l'adoption des services financiers numériques", prévient l'institution.
Face à ces risques, la BRH ne veut pas laisser le champ libre. Elle annonce le renforcement du cadre réglementaire autour de deux piliers : Circulaire n° 121 (2021) - La règle pour les fournisseurs : C'est le cadre qui oblige tous les fournisseurs de services de paiement électronique à respecter des normes strictes de gouvernance, de gestion des risques et de sécurité des transactions. Ils sont désormais sous la supervision directe de la BRH.
Circulaire n° 131 (mars 2026) - La règle pour le consommateur : C'est la nouveauté majeure. Ce texte établit pour la première fois des principes clairs de protection des consommateurs de produits financiers. Droit à l'information, à la transparence des frais, à la sécurité et à un mécanisme de recours.
En clair, la BRH veut concilier deux impératifs : encourager l'innovation financière et protéger le petit épargnant. Un chantier crucial à l'heure où le numérique devient le principal moyen de transaction pour une grande partie de la population.
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