L’ONU a annoncé une réduction sans précédent de ses forces de maintien de la paix. En raison d’un déficit budgétaire majeur, près d’un quart des effectifs devront être rapatriés dans les prochains mois.
Selon un haut responsable onusien, environ 13 000 à 14 000 militaires et policiers quitteront le terrain, touchant directement neuf des onze missions en cours. Les coupes concerneront également l’équipement et de nombreux employés civils, accentuant l’impact sur les opérations.
Le budget global des opérations de maintien de la paix pour la période 2025-2026 s’élève à 5,4 milliards de dollars. Les États-Unis devaient y contribuer à hauteur de 1,3 milliard, mais l’administration Trump n’a confirmé qu’un versement de 682 millions de dollars, dont 85 millions spécifiquement réservés au futur bureau de soutien à la mission anti-gangs en Haïti.
Ce désengagement américain crée un déficit estimé entre 16 et 17 % du budget total. Pour l’ONU, la conséquence est claire : il faut réduire immédiatement les effectifs et réorganiser la présence sur le terrain. Les premiers rapatriements pourraient commencer d’ici six semaines et s’étaler sur près de quatre mois.
Les responsables onusiens reconnaissent que cette décision aura des conséquences lourdes pour les populations civiles dans plusieurs zones de conflit. Les Casques bleus jouent un rôle central dans la protection des civils, la surveillance des cessez-le-feu et l’appui aux humanitaires. Une réduction aussi brutale risque de fragiliser davantage des contextes déjà instables.
Alors que la Chine reste le deuxième plus grand contributeur financier avec 1,2 milliard de dollars, cette crise budgétaire met en évidence la dépendance des Nations unies vis-à-vis de ses principaux bailleurs. Elle pose aussi la question de l’avenir même du maintien de la paix onusien, à un moment où les crises sécuritaires se multiplient à travers le monde.
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