Le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) a lancé un cri d’alarme à la communauté internationale à la suite d’un viol collectif perpétré contre une migrante haïtienne par des agents dominicains assermentés.
Selon l’organisation, cet acte s’inscrit dans une série de violences sexuelles et d’abus répétés subis par des femmes haïtiennes en République Dominicaine, dans un contexte marqué par l’impunité.
Les faits remontent au 29 juillet dernier, près de l’aéroport international Las Américas: La victime, qui quittait l’aéroport par l’Avenue de l’Espagne, a été interpellée par plusieurs agents de l’ordre. Ces derniers lui ont demandé son passeport, document qu’elle avait confié à l’ambassade des États-Unis pour des démarches.
Après avoir accepté de les conduire chez elle afin de clarifier la situation, elle a finalement été emmenée de force à Tres Ojos où elle a été dépouillée de mille dollars américains et de dix mille pesos. Par la suite, deux policiers en uniforme l’ont conduite sous la menace vers un lieu appelé La Charles, avant de l’embarquer sur une motocyclette et de l’entraîner dans un bois, près du site touristique Faro a Colón, où s’est produit le viol collectif.
Le GARR condamne fermement cette agression et l’assimile à une pratique devenue courante contre les ressortissantes haïtiennes. L’organisation rappelle que de tels abus ont déjà été enregistrés dans le passé. Le 22 septembre 2023, par exemple, une citoyenne haïtienne, Stephy Graph Cadichon, avait été victime d’un viol à l’aéroport Las Américas, en présence de son enfant âgé de quatre ans. Le 5 avril 2024, un agent de la migration dominicaine avait également agressé sexuellement une adolescente haïtienne de quatorze ans lors d’une opération.
Pour le GARR, ces cas révèlent un climat de prédation sexuelle et de violences systématiques contre les femmes et filles migrantes haïtiennes, alimenté par une culture d’impunité. L’organisation dénonce également le silence des médias dominicains, souvent accusés de minimiser ou d’étouffer de tels scandales. Elle appelle la chancellerie haïtienne ainsi que les organisations de défense des droits humains en Haïti, en République Dominicaine et à l’international à suivre de près cette affaire.
Le GARR insiste sur la nécessité d’accompagner la victime afin qu’elle obtienne justice et réparation, tout en exhortant l’État haïtien à renforcer la présence et l’efficacité de ses représentations diplomatiques en République Dominicaine pour mieux protéger ses ressortissants.
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