La Plaine du Cul-de-Sac et plusieurs quartiers de Cité Soleil vivent depuis plusieurs mois au rythme des affrontements entre groupes armés. Cette nouvelle vague de violence, alimentée par les rivalités entre gangs et les recompositions internes de la coalition Viv Ansanm, a plongé des milliers de familles dans une situation de grande vulnérabilité.
Entre le 6 mars et le 31 juillet 2026, au moins 613 personnes ont perdu la vie et 375 autres ont été blessées, selon les données du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH). Les civils figurent parmi les principales victimes. Le rapport recense notamment 111 femmes et 77 enfants tués au cours de cette période.
Les violences sexuelles demeurent également une préoccupation majeure. Plus de 176 femmes et filles ont été victimes de viols, dont plusieurs viols collectifs. Ces actes auraient été utilisés par des membres de gangs comme moyen d'intimidation et de domination des populations vivant dans des territoires disputés.
Au-delà des pertes humaines, les affrontements ont profondément affecté la vie économique et sociale. Des écoles ont fermé leurs portes, des centres de santé ont suspendu leurs activités et de nombreux commerces ont cessé de fonctionner. Plus de 18 000 personnes ont dû abandonner leur domicile pour chercher refuge dans d'autres zones.
Le rapport souligne aussi l'importance stratégique de la Plaine du Cul-de-Sac. Cette région abrite plusieurs entreprises et des axes routiers essentiels reliant le port de la capitale et le terminal pétrolier de Varreux au reste du pays. Le contrôle de ces espaces représente un enjeu majeur pour les groupes armés.
Face à cette situation, le BINUH appelle au renforcement des capacités des forces de sécurité haïtiennes et à l'accélération du déploiement de la Force de répression des gangs. L'objectif est de protéger les populations, de réduire l'impunité et de rétablir progressivement l'autorité de l'État dans les zones les plus affectées par la violence.
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