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Politique

Haïti-CARICOM : des organisations politiques et de la société civile réclament une nouvelle transition et met la pression avant le sommet

Port-au-Prince, 5 juillet 2026 – À 24 heures de l’ouverture du 51e Sommet de la CARICOM à Sainte-Lucie, plusieurs organisations politiques et de la société civile haïtienne montent au créneau. Dans une lettre adressée ce 5 juillet aux chefs d’État et de gouvernement de la Communauté des Caraïbes, elles demandent formellement à l’organisation régionale d’appuyer la mise en place d’une nouvelle transition démocratique en Haïti.

Le diagnostic posé par les signataires est implacable. Ils estiment que depuis le 7 février 2026, Haïti « poursuit son enfoncement dans une crise multidimensionnelle » marquée par l’absence de légitimité des autorités de transition. Selon eux, le pacte de gouvernabilité censé encadrer le processus n’a « jamais bénéficié d’un véritable consensus politique ». Le retrait progressif de plusieurs signataires illustrerait l’échec de la formule à rétablir les institutions démocratiques.

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La situation sécuritaire occupe une place centrale dans la correspondance. Les organisations dénoncent la progression des groupes armés qui contrôlent désormais « une partie importante du territoire national ainsi que plusieurs axes routiers stratégiques ». Elles énumèrent la recrudescence des enlèvements, les attaques contre les civils, les déplacements forcés de population et la fermeture prolongée du principal aéroport international. Autant d’éléments qui aggravent, écrivent-elles, l’isolement du pays.

Sur le plan électoral, le constat est tout aussi sévère. Les auteurs jugent qu’« aucune condition ne permet actuellement d’organiser des élections crédibles ». Ils pointent les tensions récurrentes entre l’exécutif et le Conseil Électoral Provisoire, l’absence de planification cohérente et une dépendance du CEP vis-à-vis du pouvoir exécutif qui compromettrait son indépendance. Le texte rappelle qu’aucune élection nationale n’a été organisée depuis 2016, privant « toute une génération de citoyens de l’exercice de leurs droits politiques ».

Les signataires s’attaquent également aux réformes institutionnelles en cours. Ils critiquent la volonté des autorités de modifier la Constitution de 1987 par décret, qualifiant la démarche de « violation des mécanismes de révision prévus par la Constitution ». À cela s’ajoutent des « allégations de corruption », un « manque de transparence dans la gestion des affaires publiques » et un « affaiblissement des mécanismes de contrôle de l’État ». La dégradation des droits humains est aussi soulignée, avec des massacres, des violences armées et des restrictions aux libertés publiques.

Pour les organisations, la conclusion est claire : le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé ne dispose « ni de la légitimité populaire ni de la crédibilité politique nécessaires pour conduire le pays vers un retour à l’ordre démocratique ». Elles estiment donc qu’il ne peut pas mener la transition.

La lettre appelle la CARICOM à « accompagner la création d’un nouveau cadre de dialogue réunissant les principales forces politiques, sociales, économiques et citoyennes du pays ». L’objectif serait d’installer une gouvernance consensuelle capable de restaurer la sécurité, de rétablir les institutions républicaines et d’organiser, dans un délai raisonnable, des élections libres, transparentes, inclusives et démocratiques. La balle est désormais dans le camp des dirigeants caribéens.

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