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Crise en Haïti : L’opposition déclare Alix Didier Fils-Aimé "illégitime" pour représenter le pays à la CARICOM

Port-au-Prince, 4 juillet 2026 – À la veille du 51e Sommet des Chefs d’État de la CARICOM prévu du 5 au 7 juillet 2026 à Sainte-Lucie, la crise politique haïtienne s’invite à la table des négociations. Le Consensus Politique National, appuyé par l’opposition progressiste, 80 partis et 30 structures de la société civile et de la diaspora, a publié ce dimanche une "Note de dénonciation" cinglante. Sa cible : Alix Didier Fils-Aimé, Premier ministre de facto, dont la participation au sommet est qualifiée d’« usurpation de titre ».

Le communiqué, adressé officiellement aux dirigeants de la Communauté des Caraïbes, affirme que M. Fils-Aimé « ne dispose d’aucune provision légale ni légitime pour représenter la Première République Noire, et ce, depuis le 7 juin 2026 ». Les signataires, dont les ex-sénateurs Moïse Jean Charles et Simon Dieuseul Desras, estiment que l’admettre au sommet « constituerait un précédent dangereux » et « une insulte à la souveraineté du peuple haïtien ».

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Premier argument avancé : la « caducité constitutionnelle absolue ». Citant l’article 149 de la Constitution haïtienne, le texte soutient que le mandat de transition du gouvernement de facto a « irrémédiablement expiré le 7 juin 2026 ». Depuis cette date, Alix Didier Fils-Aimé « n’est plus le Premier ministre d’Haïti » et présiderait « un pouvoir de facto déchu et monocéphale », privé de toute « légitimité républicaine ».

Deuxième grief : « l’effondrement et rupture du Pacte de Stabilité ». Le Consensus rappelle que le 23 juin 2026, les propres signataires du pacte qui soutenait la gouvernance de M. Fils-Aimé « se sont publiquement désolidarisés de son administration ». Dans un geste symbolique fort, ils ont déchiré le journal officiel Le Moniteur devant les médias nationaux et internationaux. Pour l’opposition, le Premier ministre est désormais « un chef isolé, sans majorité et formellement désavoué par ses propres alliés ».

Le troisième point de la dénonciation porte sur une « falsification et parjure devant la CARICOM ». L’opposition évoque une audition du 30 juin 2026 durant laquelle Alix Didier Fils-Aimé aurait « sciemment menti » en prétendant avoir conclu un « accord tripartite » avec le Conseil Électoral Provisoire et les partis politiques pour modifier le décret électoral. Selon le communiqué, la présence de 30 représentants de structures politiques lors de la visioconférence aurait « apporté un démenti cynique à cette imposture », prouvant que le CEP aurait été « capturé de manière unilatérale par la Primature pour orchestrer un hold-up électoral ».

Face à cette situation, le Consensus Politique National et ses alliés réitèrent leur « attachement indéfectible à une transition ordonnée via un Exécutif Bicéphale légitime et la tenue de la Conférence Nationale Souveraine Haïtienne ». Ils qualifient le dirigeant actuel d’« illégal, illégitime, et accusé de prédation économique », estimant qu’il ne peut « pas parler au nom de la République d'Haïti ».

Alors que le sommet de Sainte-Lucie s’ouvre ce samedi, la balle est désormais dans le camp de la CARICOM. L’organisation régionale devra trancher : recevoir Alix Didier Fils-Aimé au risque d’être accusée de soutenir un pouvoir jugé illégitime par une large partie de la classe politique haïtienne, ou lui refuser l’accès, au risque d’ouvrir une crise diplomatique. La Primature n’avait pas encore réagi à ce communiqué en début de soirée.

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