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Économie

ÉCONOMIE : La BRH alerte sur l'impact d'une baisse des transferts de la diaspora

Que se passerait-il si les transferts de la diaspora venaient à chuter brutalement ? C'est la question au cœur d'une étude inquiétante menée par trois chercheurs de la Banque de la République d'Haïti (BRH). Réalisée par Kensley Blaise, Jean Marie Cayemitte et Jean Gardy Victor, du Département de recherche en économie et finance (DREF), l'analyse examine les effets d'un choc majeur sur ces flux vitaux pour le pays.

Présentée le 23 septembre 2026 lors du « Mercredi de réflexion » organisé par la Banque Interaméricaine de Développement (BID) autour des nouvelles dynamiques migratoires, la recherche ne se contente pas de constats. Elle modélise les canaux de transmission d'une baisse importante et inattendue des envois d'argent de l'étranger vers l'économie haïtienne.

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Selon les chercheurs, trois variables macrofinancières seraient directement touchées : le taux de change, les réserves internationales et les finances publiques. Une diminution des transferts réduirait mécaniquement l'offre de devises sur le marché local, exerçant une pression à la dépréciation sur la gourde et puisant dans les réserves de la banque centrale.

Mais ce sont les finances publiques qui apparaissent comme le maillon le plus vulnérable. Les conséquences sur le budget de l'État sont, selon l'étude, parmi les plus clairement établies et les plus persistantes. Le mécanisme est simple : moins de transferts signifie moins de revenus pour les ménages, donc moins de consommation, moins de demande intérieure et in fine moins de recettes fiscales pour l'État.

L'étude met ainsi en lumière une réalité connue mais rarement chiffrée : l'extrême sensibilité de l'économie haïtienne aux flux de la diaspora. Ces transferts ne sont pas un simple complément de revenu ; ils constituent le socle financier de millions de foyers et font tourner des pans entiers de l'économie, du commerce au logement en passant par l'éducation.

Face à ces conclusions anxiogènes, le gouverneur de la BRH a tenu à apporter une nuance importante. Il a insisté sur la nécessité de ne pas établir un lien automatique entre les changements de politique migratoire aux États-Unis, notamment autour du Statut de Protection Temporaire (TPS), et une éventuelle baisse des transferts. L'emploi, les revenus des migrants, la conjoncture dans les pays d'accueil et leur capacité d'adaptation comptent tout autant.

La BRH précise ainsi l'objectif de la démarche : il ne s'agit pas de prédire une baisse imminente, mais de mesurer les vulnérabilités du pays face à un choc potentiel et de comprendre par quels canaux il se propagerait. Une analyse préventive qui doit, selon l'institution, alimenter la réflexion sur les politiques économiques à mettre en œuvre pour renforcer la résilience d'Haïti face à une éventuelle diminution de cette manne indispensable.

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