La police américaine de l'immigration, l'ICE, a annoncé lundi la mort d'un ressortissant salvadorien détenu dans une prison pour migrants du New Jersey, dont les conditions de détention sont dénoncées depuis des mois. C'est le 23e décès recensé cette année dans les centres de rétention de l'agence fédérale, selon les données officielles publiées sur son site internet.
Le défunt, Edwin Lopez-Cornejo, 41 ans, est décédé samedi à l'hôpital de Newark, où il avait été transféré en urgence depuis le centre de détention de Delaney Hall. Dans son communiqué, l'ICE évoque une "urgence médicale" survenue au sein de l'établissement, sans préciser la nature des symptômes. L'agence indique attendre les résultats d'examens complémentaires pour déterminer la cause officielle du décès.
Dans l'attente de ces résultats, l'ICE assure que le détenu a "reçu des soins médicaux adéquats et était suivi par des professionnels de santé" pendant toute la durée de sa détention. Une version contestée par la famille de la victime, qui pointe de graves négligences médicales au sein du centre.
Sa mère, Maria Cornejo, interrogée par le média local New Jersey Monitor, affirme en effet que son fils, qui souffrait de diabète et d'hypertension, ne recevait pas régulièrement ses traitements. "Il demandait ses médicaments, on ne les lui donnait pas", a-t-elle dénoncé, décrivant une prise en charge défaillante.
Ce nouveau décès a provoqué une vive réaction de la classe politique locale. Le sénateur démocrate du New Jersey, Cory Booker, a appelé à fermer "immédiatement et définitivement" Delaney Hall, estimant que "ce n'est pas le premier décès d'un détenu à Delaney Hall et si aucune mesure n'est prise, ce ne sera pas le dernier". Le maire de Newark, Ras Baraka, a formulé la même exigence, tandis que la gouverneure Mikie Sherrill s'est dite "profondément troublée" et a annoncé vouloir "rassembler tous les faits".
L'établissement est dans le viseur de la justice. Début juin, l'État du New Jersey a engagé des poursuites contre GEO Group, l'opérateur privé qui gère la prison, l'accusant de ne pas garantir des conditions de détention décentes. En mai déjà, des affrontements entre policiers et manifestants aux abords du centre avaient poussé le maire de Newark à instaurer un couvre-feu.
Au-delà du New Jersey, c'est l'ensemble du système de détention migratoire américain qui est pointé du doigt. Selon les ONG Human Rights Watch et Physicians for Human Rights, près d'une cinquantaine de détenus seraient morts dans les centres de l'ICE depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025. Un bilan qui a poussé l'ONU, fin juin, à réclamer l'ouverture d'enquêtes indépendantes.
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