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Cybercriminalité : l'IA au coeur de plus de 50% des infractions selon Interpol

Plus d'un cybercrime sur deux signalé en Afrique implique désormais l'intelligence artificielle. C'est le constat alarmant dressé par Interpol dans un rapport publié lundi, à partir de données collectées dans 36 pays du continent. Selon l'organisation policière internationale, 55% des cybercrimes recensés mobilisent des outils d'IA.

"La cybercriminalité est passée d'incidents isolés à un écosystème industrialisé et sans frontières", résume Interpol. Une mutation qui s'explique par la transformation numérique accélérée du continent, qui comptait plus de 1,1 milliard d'abonnés mobiles en 2025. Une croissance qui, faute de cadre législatif harmonisé et de maîtrise technologique, ouvre un boulevard aux réseaux criminels.

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L'IA est devenue l'arme de prédilection des escrocs. L'organisation pointe en particulier les arnaques en ligne, dopées par des e-mails parfaitement rédigés par l'IA, des deepfakes vocaux ou vidéos ultra-réalistes, et des usurpations d'identité. Les criminels exploitent de vraies données personnelles pour créer de fausses identités numériques capables, selon Interpol, de "contourner même les systèmes de vérification biométrique les plus sophistiqués".

Une technique qui leur permet d'ouvrir des comptes bancaires frauduleux, d'obtenir des prêts ou de vider les comptes de leurs victimes. Et le phénomène n'est plus seulement africain : des groupes basés sur le continent ciblent désormais des victimes en Europe et en Amérique du Nord, profitant de l'automatisation et de la faible traçabilité des attaques.

Le coût est colossal. Selon les estimations d'Interpol, les pertes financières liées à la cybercriminalité en Afrique ont plus que doublé en un an, passant de 192 millions de dollars en 2024 à 484 millions de dollars.

Face à cette menace, Interpol appelle à une réponse coordonnée. "La cybercriminalité est devenue l'une des menaces criminelles les plus importantes pour la région. L'intelligence artificielle automatise toutes les étapes d'une cyberattaque, de la reconnaissance et du hameçonnage à l'extorsion et à la dissimulation", alerte Neal Jetton, directeur de la division cybercriminalité de l'organisation.

Lui plaide pour une collaboration transnationale : "Lorsque les pays collaborent, il est possible d'identifier, de perturber et de démanteler les infrastructures cybercriminelles". Un effort déjà amorcé, selon Interpol, avec 17 pays africains ayant renforcé leur législation en 2025. Au Sénégal, par exemple, une plateforme de signalement en ligne dédiée aux infractions numériques contre les enfants a été lancée.

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