Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, entre 270 000 et 500 000 armes à feu circulent aujourd’hui illégalement en Haïti. Cette présence massive d’armes alimente une insécurité chronique et fragilise davantage un État déjà ébranlé.
Dans de nombreux quartiers, ces armes confèrent aux gangs un pouvoir qui dépasse celui des autorités légitimes. Elles nourrissent enlèvements, affrontements et rackets, imposant une peur quotidienne aux habitants et paralysant les activités économiques. Les forces de l’ordre, sous-équipées, peinent à contenir cette montée en puissance.
L’ONU appelle à une réponse urgente et concertée pour enrayer ce flot d’armes et restaurer un minimum de sécurité publique. Contrôles frontaliers renforcés, coopération internationale et lutte systématique contre les réseaux de trafiquants sont présentés comme des leviers indispensables pour inverser la tendance.
La plupart de ces armes ne sont pas fabriquées en Haïti. Elles proviennent en majorité des États-Unis et pénètrent sur le territoire par voie maritime ou via des pays de transit caribéens, profitant des failles douanières et de la corruption. S’y ajoutent des détournements issus d’arsenaux officiels et d’entreprises privées de sécurité.
Tant que ce trafic restera alimenté par des circuits extérieurs et qu’aucune stratégie nationale durable ne sera mise en œuvre, Haïti restera prisonnière d’une violence qui mine ses institutions et son avenir. Réduire la prolifération des armes suppose non seulement des mesures techniques et policières, mais aussi un engagement politique fort et une solidarité internationale pour briser ce cycle.
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