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De la Coupe du Monde au vide institutionnel : Haïti laisse ses héros rentrer en catimini

Pétion-Ville, 1er juillet 2026-Deux héros nationaux rentrent au pays dans l’anonymat. Mardi 30 juin, Danley Jean-Jacques et Pierre Olivier Woodensky ont atterri en Haïti après avoir porté les couleurs des Grenadiers à la 23e Coupe du Monde de la FIFA. Aucune délégation officielle, aucun tapis rouge, pas même un communiqué d’accueil. Rien.

Le gouvernement pris de court… par les réseaux sociaux : Il aura fallu que les images des deux joueurs circulent sur TikTok et X pour que le MJSAC sorte de son silence. Dans une note publiée ce 1er juillet, le ministère admet n’avoir été « ni informé ni notifié » du retour des joueurs, « pour des raisons que même la raison ignore ». Une formule qui en dit long sur la rupture entre les institutions sportives et les athlètes qu’elles sont censées encadrer.

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Comment expliquer qu’un État soit incapable de suivre le calendrier de ses propres ambassadeurs sportifs ? Haïti a joué son dernier match le 24 juin contre le Maroc. Une semaine plus tard, le gouvernement découvre que ses joueurs sont déjà rentrés. Entre-temps, zéro coordination avec la Fédération Haïtienne de Football, zéro dispositif d’accueil, zéro anticipation.

Des promesses tardives pour masquer le fiasco : Face au tollé naissant en ligne, le MJSAC dégaine le discours habituel : les joueurs sont des « sources d’inspiration », le Premier Ministre Alix Didier Fils-Aimé a « déjà pris toutes les dispositions », une « réception officielle et solennelle » est en préparation.

Le problème : gouverner, c’est prévoir. Honorer les Grenadiers ne devrait pas être une réaction de crise, mais une politique. Si le MJSAC et la FHF ne communiquent même pas sur le retour de deux mondialistes, qu’en est-il du suivi médical, des primes, du soutien aux autres joueurs moins médiatisés ?

Ce cafouillage illustre une constante : l’improvisation comme mode de gestion. On célèbre les exploits quand ils sont rentables politiquement, mais on néglige la logistique de base. Les athlètes haïtiens performent malgré l’État, pas grâce à lui. Jean-Jacques et Woodensky ont fait rêver tout un peuple face à l’Écosse, au Brésil et au Maroc. Le minimum serait que ce peuple, via ses institutions, soit au rendez-vous à leur retour.

La réception « solennelle » promise par le MJSAC aura intérêt à être à la hauteur. Pas pour les caméras. Pour la crédibilité d’un État qui, une fois de plus, donne l’impression de découvrir l’actualité en même temps que ses citoyens.

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