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Justice

Assassinat de Jovenel Moïse : les familles des 17 militaires colombiens réclament leur transfert vers Bogota

Cinq ans après l'assassinat du président Jovenel Moïse, le dossier des 17 militaires colombiens à la retraite détenus en Haïti connaît un nouveau rebondissement diplomatique. Leurs familles ont adressé une lettre officielle au président colombien Abelardo De La Espriella, ainsi qu'au ministre de la Justice et au ministre des Affaires étrangères, pour demander l'intervention urgente de l'État colombien afin d'obtenir leur transfert vers la Colombie.

Dans cette correspondance déposée auprès de la présidence et du ministère de la Justice à Bogota, les proches dénoncent ce qu'ils présentent comme des dysfonctionnements majeurs du système judiciaire haïtien. Selon eux, des problèmes de corruption et de fonctionnement auraient empêché l'avancement normal de la procédure et privé les détenus des garanties fondamentales nécessaires pour assurer leur défense.

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L'argument central de la lettre porte sur la durée de la détention. Les familles soulignent que cinq années se sont écoulées depuis l'arrestation des militaires, le 7 juillet 2021, sans qu'un jugement définitif n'ait été rendu. Elles estiment que les délais légaux de détention préventive ont été largement dépassés et affirment que les détenus n'auraient pas eu la possibilité de présenter devant un tribunal des preuves et des éléments susceptibles de soutenir leur défense.

Face à cette situation qu'elles jugent humanitaire et juridique, les familles demandent au gouvernement colombien d'étudier tous les mécanismes de droit international permettant leur retour. Elles citent explicitement plusieurs pistes : l'extradition, la déportation humanitaire, le transfert de personnes détenues ou condamnées en vertu des accords internationaux, un éventuel échange de prisonniers ou encore une mesure d'expulsion vers la Colombie.

Dans leur plaidoyer, les proches reviennent également sur la version des faits défendue depuis le début par les détenus. Ils affirment que les anciens militaires auraient répondu à une offre d'emploi présentée comme légale par une entreprise américaine de sécurité. Toujours selon les familles, ils auraient ensuite été impliqués malgré eux dans les activités d'une organisation criminelle qui les aurait trompés et abandonnés sur le terrain, avant qu'ils ne soient accusés de crimes qu'ils disent ne pas avoir commis.

Enfin, les familles se disent pleinement disponibles pour rencontrer les autorités colombiennes et fournir tous les documents, témoignages et informations nécessaires pour faire avancer le dossier. L'affaire reste l'un des volets les plus sensibles de l'enquête sur l'assassinat du président Jovenel Moïse, survenu le 7 juillet 2021 à Pèlerin 5, qui continue de susciter des tensions judiciaires et diplomatiques entre Port-au-Prince et Bogota.

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