Face à l’augmentation du nombre d’enfants et d’adolescents impliqués dans les groupes armés en Haïti, la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion (CNDDR) entend renforcer les mécanismes de prévention et de réintégration sociale. Le mardi 26 mai 2026, l’institution a organisé à Port-au-Prince une journée de réflexion réunissant autorités publiques, organisations internationales et acteurs communautaires autour de cette problématique devenue préoccupante.
Cette initiative, réalisée sous le patronage de la Primature, avait pour objectif de réfléchir aux réponses à apporter à la vulnérabilité des jeunes exposés à l’insécurité, à l’exclusion sociale et au recrutement par les groupes armés. Au cours des discussions, plusieurs intervenants ont attiré l’attention sur les facteurs qui favorisent l’implication des mineurs dans les réseaux armés : pauvreté extrême, déscolarisation, absence d’encadrement familial, violences dans les quartiers et manque d’opportunités pour les jeunes.
Pour la CNDDR, la lutte contre ce phénomène doit passer avant tout par la prévention. Les responsables estiment qu’il devient urgent de créer des alternatives concrètes capables d’offrir aux enfants et adolescents des perspectives différentes de celles proposées par les groupes armés.
Des représentants de plusieurs institutions nationales et internationales, dont l’UNICEF, l’OIM, le PNUD, Terre des Hommes, l’IBESR, le GARR et le BINUH, ont pris part à cette rencontre. Les échanges ont porté sur les stratégies à mettre en œuvre pour accompagner les jeunes concernés et faciliter leur retour dans la société. La question du désengagement des enfants impliqués dans les groupes armés a occupé une place centrale dans les débats. Plusieurs participants ont insisté sur la nécessité d’un accompagnement adapté, tenant compte des traumatismes psychologiques, du besoin d’éducation et de l’insertion professionnelle.
Le rôle du sport, de la culture et des activités communautaires a également été présenté comme un outil important dans le processus de réhabilitation et de reconstruction sociale des jeunes démobilisés. Afin d’aboutir à des propositions concrètes, des ateliers de travail ont été organisés autour des mécanismes de prévention, des dispositifs de réinsertion et de l’intégration communautaire des enfants concernés.
À l’issue de cette journée, la CNDDR a annoncé la création prochaine d’une sous-commission spécialement dédiée à la prévention et à la réinsertion. Cette nouvelle structure viendra compléter les sous-commissions sur le désarmement et le démantèlement déjà établies au début du mois de mai. Créée par décret ministériel en février dernier, la CNDDR affirme vouloir inscrire son action dans la durée. L’institution prévoit notamment l’ouverture prochaine de centres d’éducation non formelle et de centres de transit destinés à accompagner les enfants associés aux groupes armés jusqu’à leur réintégration complète dans la société.
À travers cette démarche, les autorités et les partenaires impliqués souhaitent envoyer un message clair : la réinsertion des enfants enrôlés dans les groupes armés ne constitue pas uniquement une question de sécurité, mais aussi un enjeu humain, social et national.
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