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Justice

Ce qu’il faut retenir de la libération du directeur de l’Immigration et de ses employés

Le directeur de la Direction de l’Immigration et de l’Émigration (DIE), Antoine Jean Simon Fénélon, et neuf employés ont été remis en liberté ce vendredi 27 mars 2026, après près de quatre jours de détention à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). Leur arrestation s’inscrivait dans le cadre d’une enquête sur la production présumée de deux passeports en dehors des procédures réglementaires, qui avait suscité un important émoi au sein de l’institution.

Si le directeur et son personnel ont été relâchés, le rapport de la DCPJ souligne que l’affaire n’est pas dénuée de dysfonctionnements. Aucune implication directe du directeur n’a été établie, mais l’enquête met en lumière des irrégularités dans la gestion du dossier, ainsi qu’une intervention policière jugée précipitée, réalisée avant qu’une investigation complète ne soit menée. Ces constats révèlent des lacunes dans la coordination et l’organisation des services de l’immigration.

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Dans ce contexte, Me Arnel Rémy, accompagné des cabinets ADVOCATUS LAW FIRM et BASOCHE LAW FIRM, défend plusieurs employés arrêtés. Il a expliqué que ses clients n’avaient aucun lien avec les demandes de passeports litigieuses, effectuées au SONAPI, alors qu’ils étaient affectés à la Villa d’Accueil, à Musseau. Selon lui, le dossier est vide et aucune preuve ne permet d’engager leur responsabilité. L’ homme de lois a également précisé que le principal suspect, Germany Molière, reste toujours en liberté. Il prévoit une action en référé pour lever l’interdiction de sortie du territoire imposée à ses clients.

De leur côté, Me Mario Delcy, Me Bedy Daphinis et Wendgini Saint Julien, avocats du directeur Antoine Jean Simon Fénélon et du directeur technique Jean Osselin Lambert, ont insisté sur le fait que le dossier ne contient aucun élément probant. Ils ont demandé le classement de l’affaire et l’ordonnance de libération de leurs clients, tout en notant que seules des preuves tangibles pourraient justifier la poursuite d’autres personnes.

Au-delà de la question judiciaire, Me Delcy a profité de cette affaire pour pointer les failles du système actuel de production de passeports, basé sur un modèle biographique obsolète. Il a souligné l’urgence d’une meilleure coordination entre la DIE et d’autres institutions : la Direction générale des impôts (DGI) pour la vérification des timbres fiscaux, l’Archive nationale pour les actes de naissance et extraits d’archives, et l’Office national d’identification (ONI) pour les cartes d’identité nationale.

Selon lui, cette interconnexion est essentielle pour sécuriser le processus, prévenir les fraudes et rétablir la confiance du public face aux rumeurs sur l’émission de passeports pour des étrangers. Elle permettrait également de renforcer la coordination interne, de mettre fin aux erreurs administratives et de réduire les risques de détention injustifiée pour des employés non impliqués, garantissant ainsi une meilleure efficacité et transparence au sein de la DIE.

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Yvena ISIDOR

Journaliste

Journaliste, à la fois présentatrice de radio et rédactrice depuis 2021, Professeure de mathématiques avec une formation en génie civil, militante dans le monde culturel comme animatrice de club d'art et de spectacle.

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