Après ses commentaires déplacés au sujet de Vinicius à l’issue du barrage aller, José Mourinho se retrouve au cœur des polémiques, à la veille du match retour entre le Real Madrid et Benfica. Privé de conférence de presse, taclé par la presse madrilène, il est à nouveau devenu le personnage central de l’actualité.
« J’ai parlé avec Prestianni et Vinicius, l’un me dit une chose, l’autre me dit l’autre. Je ne veux pas dire que je crois ce que dit Prestianni à 100%, mais je ne peux pas dire que ce que m’a dit Vinicius est la vérité. C’était un grand match jusqu’au bout, face à un grand Real Madrid. Vinicius met un superbe but que seul lui ou Mbappé peuvent marquer. Quand tu mets un but comme ça, célèbre avec tes coéquipiers, ne va pas provoquer 60.000 personnes. Dans combien de stades, c’est déjà arrivé avec Vinicius ? C’est un joueur de classe mondiale, mais si tu marques un but comme ça, célèbre avec tes coéquipiers. » C’est avec cette tirade livrée à l’issue du match entre Benfica et le Real Madrid la semaine passée que José Mourinho a récolté les foudres de la planète football, de Thuram à Kompany en passant par Nasri.
L’affaire Prestianni, comme on l’appelle depuis mardi dernier, continue de faire jaser et d’apporter son lot de révélations quotidiennes. Hier, on apprenait que l’UEFA suspendait provisoirement le joueur argentin, le privant ainsi du barrage retour à Santiago Bernabéu mercredi soir. Une mesure préventive contestée par Benfica, qui a fait appel de la décision et réitéré son soutien à son joueur, dont il dit adhérer à la version. La presse espagnole attendait avec impatience la tenue de la conférence de presse de José Mourinho ce mardi pour revenir sur les propos de son ancien entraîneur. Mais ce n’est pas lui qui se présentera face aux médias. La faute à son expulsion par l’arbitre français M. Letexier lors de l’aller ? Même pas, puisque l’UEFA n’empêche pas dans ce cas de figure un entraîneur de s’exprimer face à la presse pour les conférences d’avant-match et d’après-match.
Selon As, José Mourinho voulait s’exprimer face à la presse, mais c’est sa direction qui a estimé que ce n’était pas une bonne idée. La peur que le coach portugais ajoute de l’huile sur le feu ? En tout cas, Mourinho continue de se faire dézinguer par la presse madrilène. « Lorsqu’un footballeur est victime d’insultes racistes, même si l’on n’est pas certain de leur véracité, s’attarder sur sa célébration de but et la critiquer, en demandant « pourquoi a-t-il fait l’idiot ? », est aussi méprisable que de le faire dans une affaire de viol, en demandant pourquoi la victime portait une jupe si courte. Si, de surcroît, c’est Mourinho qui, lorsque le protocole raciste est activé, critique la manière dont le but a été célébré, il ferait bien de s’interroger sur ses propres célébrations et de consulter la définition du mot « hypocrite » », peut-on lire dans les colonnes de AS, qui revient sur « l’absence de Mourinho ».
Il y a peu de monde pour défendre l’ancien entraîneur de Porto, Chelsea et du Real Madrid. Sauf peut-être en Angleterre, où l’ancien défenseur Rio Ferdinand, reconverti en consultant, a pris la parole sur sa chaîne Youtube. « Je pense que José, avec le temps, s’assiéra et se dira : "Peut-être que je m’y suis mal pris. Et cela ne fait pas de José Mourinho un raciste pour autant. Je pense que José Mourinho a fait beaucoup pour les footballeurs noirs du monde entier, qui le regardent comme une figure paternelle, pour suggérer que ce type n’a pas une once de racisme en lui. Je pense simplement qu’il a malheureusement mal abordé cette situation. » Le Santiago Bernabeu risque en tout cas de réserver un accueil corsé à son ancien coach, qui sera quelque part en tribunes pour assister au barrage retour. Dans l’espoir de préparer un mauvais coup, cette fois purement sportif…
Avec Footmercato.
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