Une annonce forte du ministère des Sports. Le gouvernement haïtien annonce la construction de deux stades modernes répondant aux normes FIFA, l'un à Milot dans le Nord, et l'autre aux Cayes dans le Sud. Le ministre de la Jeunesse, des Sports et de l'Action civique, Pythagore Dumas, a fait l'annonce le 14 octobre, assurant que les ressources nécessaires sont déjà prévues dans le budget 2026-2027.
Des engagements antérieurs toujours en suspens. Cette nouvelle promesse intervient dans un contexte où plusieurs engagements majeurs des autorités peinent à se concrétiser. La principale priorité affichée par l'exécutif, le rétablissement durable de la sécurité et la reprise du contrôle des zones occupées par les groupes armés, reste largement inachevée. Le budget 2026-2027 lui-même reconnaît que le pays doit encore « rétablir progressivement la sécurité publique ».
Le symbole de Sylvio Cator. Le secteur sportif paie directement le prix de cette insécurité. Le Stade Sylvio Cator, principale enceinte sportive du pays et antre historique des Grenadiers, est aujourd'hui abandonné, inaccessible et impraticable pour des rencontres officielles. En mars 2026, le gouvernement avait d'ailleurs dû condamner l'enlèvement de deux journalistes à proximité immédiate du stade.
Une économie sous pression. Au-delà du sport, les promesses de redressement économique formulées en mars 2026 – relancer la production nationale, accompagner les entrepreneurs et agriculteurs, créer un climat favorable à l'investissement – se heurtent à la réalité. Selon le FMI, le PIB haïtien est entré dans sa huitième année consécutive de contraction, l'insécurité pesant lourdement sur l'activité et les services de base.
Une concrétisation incertaine. Dans ce contexte, la construction de ces deux stades apparaît comme une nouvelle promesse dont la mise en œuvre reste à prouver. Aucun calendrier précis de lancement des travaux, ni d'étude de faisabilité publique n'a encore été présenté, alors que de tels chantiers nécessitent d'importantes étapes techniques, sécuritaires et financières.
Des réhabilitations également annoncées. Le ministère annonce en parallèle la réhabilitation de plusieurs infrastructures existantes : le parc Levelt à Saint-Marc, le parc Vincent aux Gonaïves et le parc Saint-Victor au Cap-Haïtien. Des projets attendus depuis des années par les communautés sportives locales, mais qui doivent encore franchir les mêmes obstacles.
Les Grenadiers toujours en exil. En attendant la concrétisation de ces projets, la réalité du football haïtien reste inchangée : les Grenadiers continuent de jouer leurs matchs « à domicile » à l'étranger. Prochain rendez-vous : le 14 novembre 2026 contre les États-Unis au Sabina Park de Kingston, en Jamaïque, en quarts de finale de la Ligue des Nations de la Concacaf, avant le retour le 17 novembre à Cincinnati. Le paradoxe est total : on promet des stades aux normes FIFA, mais la sélection nationale ne peut toujours pas jouer en Haïti.
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