Le pouvoir et l'opposition vénézuélienne ont clôturé mercredi à Caracas leur premier cycle de dialogue politique depuis la capture de Nicolas Maduro par l'armée américaine il y a sept mois, mettant fin à plus de vingt-cinq ans de pouvoir chaviste. Ce cycle, entamé le 6 août à l'initiative de Washington, s'est achevé par l'annonce de points d'accord dans un communiqué commun.
La lecture du communiqué a été assurée par Jorge Rodriguez, président de l'Assemblée nationale et frère de la présidente par intérim Delcy Rodriguez, et par Dinorah Figuera, cheffe de la délégation de l'opposition. Les deux parties ont convenu de poursuivre les pourparlers lors d'un prochain cycle dont la date reste à fixer.
Le premier point d'accord porte sur la justice. Pouvoir et opposition se disent "d'accord pour engager un processus qui contribue à la transformation du système de justice, axé sur des réformes de la loi organique du Tribunal suprême et d'autres lois du système de justice". Pour de nombreux observateurs, la séparation des pouvoirs est une condition essentielle pour "redémocratiser" le pays.
L'opposition insiste sur une refonte profonde du Tribunal suprême, qui avait validé la réélection contestée de Nicolas Maduro, jugée frauduleuse par ses adversaires. Une source proche de la délégation d'opposition évoque la nécessité "d'éliminer les conditions structurelles qui rendent possible la répression" et d'abroger les lois sur l'incitation à la haine et le terrorisme ayant servi de base à l'emprisonnement de nombreux détenus politiques.
Le second point d'accord concerne les avoirs vénézuéliens à l'étranger. Près de deux mois après le double séisme du 24 juin qui a fait plus de 6 300 morts et des milliers de disparus, les deux camps annoncent vouloir "unir leurs efforts sur la promotion de la récupération des actifs" détenus à la Banque d'Angleterre, en établissant "des mécanismes de transparence pour une utilisation efficiente de ces ressources".
Il s'agit d'environ 30 tonnes d'or vénézuélien gelé au Royaume-Uni dans le cadre des sanctions. Début juillet, la présidente par intérim Delcy Rodriguez avait officiellement demandé au roi Charles III leur déblocage pour financer la reconstruction. Sous la présidence Maduro, le Venezuela avait déjà réclamé cet or à plusieurs reprises, notamment pendant la pandémie de Covid-19, sans succès devant la justice britannique. Le 26 juin, les États-Unis ont suspendu pour quatre mois certaines sanctions économiques pour ne pas entraver les secours.
À l'extérieur de l'hôtel où se tenaient les discussions à huis clos, des dizaines de sympathisants de l'opposition s'étaient rassemblés. Certains ont dénoncé le manque de transparence du processus et l'absence de Maria Corina Machado, cheffe de l'opposition et prix Nobel de la paix, exilée au Panama. Non invitée à ce premier cycle, elle a toutefois assuré qu'elle n'entraverait pas les négociations en cours.
0 Commentaire