WASHINGTON, 8 août 2026 – Le Sénat américain a approuvé vendredi à une très large majorité, 86 voix contre 11, un nouveau paquet de sanctions contre la Russie, principalement destiné à frapper son secteur des hydrocarbures. Le texte doit désormais être examiné par la Chambre des représentants, dont le vote n’est pas prévu avant début septembre en raison des vacances parlementaires.
Le dispositif est le plus dur jamais envisagé. Il prévoit des droits de douane allant jusqu’à 500% sur les importations de pétrole et de gaz russes aux États-Unis. Surtout, il instaure des droits de douane secondaires de 100% visant les cinq principaux pays qui continuent d’importer massivement des hydrocarbures russes, parmi lesquels figurent la Chine et l’Inde, ainsi que de nouvelles sanctions personnelles contre Vladimir Poutine et plusieurs hauts responsables russes.
Pour la première fois, Washington cible officiellement la « flotte fantôme » russe. Il s’agit de ces centaines de pétroliers vieillissants, opérant sans assurance occidentale, utilisés par Moscou depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022 pour contourner les embargos. Le texte prévoit de leur interdire l’accès aux ports alliés et aux services maritimes internationaux, et de sanctionner toute entité facilitant leur opération.
Ce texte est connu sous le nom de « Lindsey Graham Sanctioning Russia and Iran Act ». Introduit en avril 2025 par le sénateur républicain Lindsey Graham, fervent soutien de Kiev, et le démocrate Richard Blumenthal, il était longtemps bloqué par la Maison Blanche qui voulait conserver la main sur la politique de sanctions. Contrairement à de fausses informations qui circulent en ligne, Lindsey Graham n’est pas décédé.
« Cette loi nous fait nous rapprocher d’une fin au conflit », a déclaré le sénateur républicain Jim Risch, président de la commission des Affaires étrangères. « Nous devons couper le flux d’argent qui alimente la machine de guerre de Poutine ». La sénatrice démocrate Jeanne Shaheen a ajouté : « Vladimir Poutine ne comprend que la force, et il ne répond qu’à la pression ».
L’ambassade de Russie à Washington a vivement critiqué le projet, estimant qu’avec « une crise énergétique imminente et la hausse des prix à la pompe à la veille des élections de mi-mandat », ces sanctions seraient « extrêmement contre-productives pour les États-Unis eux-mêmes ». Le Kremlin a promis une réponse et dénonce une décision « illégale et hostile ».
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