Le président russe Vladimir Poutine a exprimé ses condoléances à la suite du décès du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei. Le service de presse du Kremlin a publié (en russe) un télégramme officiel adressé au président de la République islamique, Masoud Pezeshkian.
M. Poutine a qualifié la mort de M. Khamenei de "meurtre commis en violation cynique de toutes les normes de la morale humaine et du droit international". "Dans notre pays, l'ayatollah Khamenei restera dans les mémoires comme un homme d'État exceptionnel qui a apporté une contribution personnelle considérable au développement des relations amicales russo-iraniennes, les amenant au niveau d'un partenariat stratégique global", a annulé le président russe.
M. Khamenei a été tué le matin du 28 février lors des attaques américaines et israéliennes contre sa résidence. L'information sur sa mort a commencé à circuler presque immédiatement, mais a été démentie à chaque fois par les autorités iraniennes. Ce n'est que dans la nuit du 1er mars que Téhéran a officiellement confirmé la mort du guide suprême, qui dirigeait le pays depuis 1989, et a décrété un deuil de 40 jours.
La veille, le ministère russe des affaires étrangères avait vivement condamné l'opération militaire conjointe américano-israélienne en Iran, la qualifiant d_'"acte d'agression armée planifié et non provoqué contre un État souverain et indépendant, membre des Nations unies, en violation des principes fondamentaux et des normes du droit international_". Selon Moscou,"Washington et Tel-Aviv se sont une fois de plus lancés dans une aventure dangereuse qui rapproche rapidement la région d'une catastrophe humanitaire, économique et, ce qui n'est pas exclu, radiologique".
Le ministère russe des Affaires étrangères estime que les Etats-Unis et Israël_"se couvrent d'un souci imaginaire d'empêcher les Iraniens de se doter d'armes nucléaires_", alors qu'en réalité leur objectif principal, selon Moscou, est "de détruire l'ordre constitutionnel et de détruire la direction d'un Etat qu'ils n'aiment pas, qui a refusé de se soumettre au diktat de la force et à l'hégémonisme". En conclusion, le ministère russe des affaires étrangères a exigé_"un retour immédiat de la situation à un règlement politique et diplomatique_".
Le ministère russe des Affaires étrangères a également appelé (en russe) les Russes se trouvant en Iran et en Israël à quitter ces pays immédiatement si possible. Les directions recommandées pour l'évacuation de l'Iran sont l'Azerbaïdjan et l'Arménie. "Les itinéraires optimaux pour quitter l'Iran sont l'Astara vers l'Azerbaïdjan et le poste de contrôle "Nurduz"/"Agarak" vers l'Arménie, tout en faisant preuve d'une prudence et d'une vigilance maximales. Il est proposé (en russe) aux Russes de quitter Israël par l'Égypte et la Jordanie**.** Quant aux Russes séjournant sur le territoire d'autres pays de la région touchés par le conflit, le ministère des affaires étrangères les invite à "observer les précautions personnelles appropriées, à éviter les lieux très fréquentés et à limiter les déplacements non urgents dans le pays".
Conséquences possibles pour la Russie : Les événements en Iran sont suivis par le monde entier, et en particulier par Moscou. La République islamique, l'une des rares grandes puissances, est considérée comme un allié du Kremlin. Comme le notent les experts, l'Iran a été jusqu'à présent un "château" dans le sud de la Russie. Si Téhéran change de régime ou si le pays plonge dans le chaos, Moscou risque de se retrouver avec une vaste région d'instabilité aux frontières du Caucase et de l'Asie centrale, ainsi que dans la mer Caspienne - une zone de présence militaire de l'OTAN. Sous le régime des sanctions, le corridor de transport Nord-Sud, qui passe par l'Iran, est effectivement devenu la seule voie de transport sûre. Ayant perdu un allié aussi important dans la région, la Russie risque de rester bloquée au niveau des transports, les routes occidentales et maritimes passant par le Bosphore pouvant faire l'objet de restrictions.
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