Une candidature pour le moins inédite marque la campagne des élections législatives prévues le 8 mars en Colombie. Une intelligence artificielle baptisée « Gaitana » est officiellement en lice pour briguer l’un des sièges réservés aux communautés indigènes au Congrès.
Présentée par ses promoteurs comme une plateforme technologique conçue pour porter les revendications des peuples autochtones, Gaitana ambitionne de défendre leurs droits territoriaux, culturels et environnementaux. Son nom fait référence à une figure emblématique de la résistance indigène face à la colonisation espagnole, symbole de lutte et d’autodétermination.
Derrière cette initiative se trouve un collectif de militants et de développeurs qui affirment vouloir expérimenter une nouvelle forme de représentation politique, fondée sur l’analyse de données, la consultation numérique et l’intelligence collective. Selon eux, l’outil permettrait de synthétiser les priorités exprimées par les communautés et de formuler des propositions législatives adaptées.
Cette candidature soulève toutefois de nombreuses interrogations juridiques et éthiques. En Colombie, les sièges indigènes sont destinés à garantir une représentation directe des peuples autochtones au Parlement. La possibilité pour une intelligence artificielle d’occuper un tel mandat alimente le débat sur la définition même de la représentation politique et sur les limites de la technologie dans les institutions démocratiques.
À quelques jours du scrutin, l’initiative suscite curiosité, scepticisme et discussions sur l’avenir de la participation citoyenne à l’ère numérique.
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