Dans sa note couvrant le premier trimestre de l’exercice fiscal 2025-2026, publiée le 19 mars, la Banque de la République d’Haïti fait état d’un léger apaisement des tensions inflationnistes, dans un contexte économique qui demeure fortement dégradé.
Entre octobre et décembre 2025, l’économie haïtienne enregistre une septième année consécutive de contraction. Cette situation s’explique notamment par l’insécurité persistante, les tensions sociopolitiques et les impacts de l’ouragan Melissa sur la production agricole. À cela s’ajoute le recul du secteur textile, lié à l’expiration du programme HOPE/HELP, qui a accentué les pertes d’emplois et la précarité.
Selon l’Organisation internationale pour les migrations, plus de 1,4 million de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays, témoignant de l’ampleur de la crise humanitaire.
Malgré ce contexte, l’inflation a ralenti, passant de 31,9 % en septembre à 25 % en décembre 2025, sous l’effet des mesures monétaires et de la baisse de certains prix internationaux.
Les finances publiques restent déséquilibrées : la hausse des recettes (+10,9 %) n’a pas compensé l’augmentation des dépenses (+42,41 %), entraînant un déficit en partie financé par la banque centrale. Par ailleurs, le déficit commercial dépasse 1,1 milliard de dollars, en raison de la baisse des exportations et de la hausse des importations. Les transferts de la diaspora ont toutefois contribué à stabiliser la gourde autour de 130,62 pour un dollar.
Face à ces tensions, la banque centrale maintient une politique monétaire prudente et intervient sur le marché des changes pour soutenir les réserves. Le secteur bancaire reste stable, bien que moins rentable.
Les perspectives demeurent incertaines et dépendent principalement de l’évolution de la sécurité et du contexte international. Une hausse des prix du pétrole pourrait raviver les pressions inflationnistes, tandis que le maintien du TPS et la prolongation du programme HOPE/HELP pourraient atténuer certaines vulnérabilités.
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